samedi 30 juillet 2016

Pâques ou Pâque ? (partie 8)

Les circonstances vont conduire Abram en Égypte où il va prendre la mesure de la présence de ce dieu nouveau qu'il honore désormais. Quand Abram entre en Egypte il craint pour sa vie à cause de la beauté de Sarah. Sa foi en Dieu est encore très mince et il faudra l'intervention divine directe pour le convaincre de l'existence réelle de ce dieu qu'il connaît à peine. A cause de sa très belle femme que pharaon convoite, toute la maison de pharaon est alors maudite. Abram prend conscience peu à peu de la puissance de ce Dieu qui surpasse celle des dieux égyptiens et du pharaon Amenemhat Ier qui régnait à cette époque-là. Amenemhat Ier, comme Sargon d'Akkad, était un usurpateur qui succède au pharaon de la dynastie précédente et fondera sa propre dynastie, la XIIe. Il régna de -1991 à -1962.

Amenemhat Ier termine la réunification des "Deux Terres" en luttant contre les derniers prétendants de la XIe dynastie. Il élimine un ultime concurrent au trône, Ségerséni, qui s'était fait reconnaître dans l'extrême Sud du pays et dans quelques villes de Nubie contrôlées jadis par l'Égypte. Il met fin aux troubles politiques et prend Itchaouy (Licht) "Celui qui saisit les Deux Terres" comme capitale, délaissant Thèbes. Ce pharaon ramène la paix dans une Égypte réunifiée en mettant fin à la guerre civile. C'est un homme fort, ambitieux et déterminé.

En vue de légitimer son pouvoir, Amenemhat Ier inspire la rédaction de la prophétie de Néferty, document censé dater du roi Snéfrou, dans lequel un mage annonce que l'Égypte sera sauvée du chaos par un roi Amény venu de Haute-Égypte :« Il viendra alors un roi, venu du sud appelé Ameny, fils d'une femme de Ta-Sety né dans Khen-Nekhen. » Mais ce texte n'a rien de prophétique, puisque les versions les plus anciennes dont on dispose datent précisément du règne d'Amenemhat, il indique cependant clairement l'origine du roi : Khen-Nekhen est une localité située dans le premier nome du sud et Ta-Sety qui est rattaché à sa mère, qualifie l'actuelle Nubie égyptienne. Cette fausse prophétie est un moyen grossier, mille fois utilisé par nombre de rois, pour donner une légitimité divine à leur accession au trône.

Le père d'Amenemhat, Sésostris, qualifié de « père divin » selon une inscription à Thèbes, était un prêtre de la XIe dynastie. C'est lui, qui jouant de sa position dans le clergé a certainement apporté le soutien de celui-ci à l'usurpateur, sinon l'accession au trône eut été impossible. Car la monarchie pharaonique a développé dès ses origines un discours idéologique basé sur la symbolique de l'union des Deux-Terres (Haute et Basse-Égypte). Chaque pharaon est ainsi le garant d'une unité égyptienne voulue et instituée par les dieux. La lutte d'Amenemhat pour la réunification de l'Égypte s'inscrit donc dans la croyance de la volonté de ses dieux. Lors du couronnement, la puissance royale se matérialise par l'obtention d'emblèmes magiques (couronnes, coiffes, sceptres) et l'élaboration d'une titulature sacrée. Le pouvoir divin de Pharaon est par la suite régulièrement confirmé ; chaque année à l'occasion du Nouvel An et plus fastueusement lors de la fête jubilaire des trente ans de règne. Selon la mythologie monarchique, le trône d'Égypte a été institué par le démiurge. Il le transmit ensuite aux dieux ses successeurs, puis à des êtres semi-divins, les Suivants d'Horus qui, dans les listes royales, précèdent immédiatement les rois historiques. Pharaon est donc considéré comme un dieu vivant.

Une fois de plus on se rend compte que la religion et le clergé sont des instruments politiques largement utilisés par les rois pour légitimer leur pouvoir. On comprend alors que lorsque la maison de pharaon est frappée de malédiction à cause d'Abram et Sarah, que pharaon se débarrasse le plus vite possible d'Abram et de sa femme, car c'est l'édifice politico-religieux de l'Égypte qui est mise en péril. Car si un dieu étranger frappe de malédiction le dieu vivant de l'Égypte, c'est que forcément ce dieu est plus grand que ceux de l'Égypte et cela fait désordre. "Abram remonta d’Égypte vers le midi, lui, sa femme, et tout ce qui lui appartenait, et Lot avec lui. 2  Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or." Genèse 13

Le fait qu'Abram "remonte" vers le midi qui est le nom du Néguev biblique, tend à prouver qu'il part bien de la capitale située au centre du pays pour remonter vers le nord en suivant le Nil. Pendant qu'il retourne vers la terre promise, Abram doit certainement se poser bien des questions sur ce Dieu très puissant qui l'accompagne et sur Lot. Il pend alors une décision: ne resteront dans sa maison que ceux qui honorent son Dieu.

"3  Il dirigea ses marches du midi jusqu’à Béthel, jusqu’au lieu où était sa tente au commencement, entre Béthel et Aï, 4  au lieu où était l’autel qu’il avait fait précédemment. Et là, Abram invoqua le nom de l’Éternel." Genèse 13. En ce lieu isolé, Abram prend une décision difficile pour lui, il va se séparer de son neveu Lot qu'il considérait comme son propre fils. Certainement Lot ne fait pas de l'Éternel son Dieu, car Abram invoque seul le nom de l'Éternel. Lot ne peut donc pas lui succéder et s'inscrire dans la promesse d'un dieu qu'il ignore. Le choix d'Abram fut certainement extrêmement douloureux pour lui, mais il le fit quand même pour rester fidèle à ses croyances, car sinon toute sa maison serait retournée à l'idolâtrie de sa famille paternelle. Genèse 13 : 8  Abram dit à Lot : Qu’il n’y ait point, je te prie, de dispute entre moi et toi, ni entre mes bergers et tes bergers ; car nous sommes frères. 9  Tout le pays n’est-il pas devant toi ? Sépare-toi donc de moi : si tu vas à gauche, j’irai à droite ; si tu vas à droite, j’irai à gauche.

Après cette douloureuse décision qui dût lui déchirer le cœur, Abram se retrouve seul avec Sarah dans une région relativement isolée de tout. A la peine s'adjoint alors la solitude, qui devient toujours plus pesante au fil du temps qui passe. C'est alors qu'Abram eut un nouveau songe: Genèse 13 : 14 L’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; 15  car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. 16  Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu’un peut compter la poussière de la terre, ta postérité aussi sera comptée. 17  Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai. 18  Abram leva ses tentes, et vint habiter parmi les chênes de Mamré, qui sont près d’Hébron. Et il bâtit là un autel à l’Éternel.

Désormais Abram voue un culte régulier à l'Éternel et dresse des autels partout où il s'installe. Comparée aux grandes civilisations qui la côtoient, la région de Canaan n'est pas une région facile à vivre. Outre le climat plutôt rude, les gens qui y vivent ne l'étaient pas moins. À propos des Cananéens, Moïse précisera plus tard : “ C’est à cause de la méchanceté de ces nations que Jéhovah ton Dieu les chasse de devant toi. ” Deutéronome 9 : 5. L’immoralité sexuelle, l’idolâtrie et les sacrifices d’enfants étaient des pratiques courantes en Canaan. Un ouvrage relate que les archéologues ont trouvé dans la région “ un grand nombre de jarres contenant les restes d’enfants qui avaient été sacrifiés à Baal [un des dieux préférés des Cananéens]. Toute la zone environnante s’est révélée être un cimetière pour enfants nouveau-nés. [...] C’est ainsi qu’adoraient les Cananéens, en s’abandonnant à l’immoralité en présence de leurs dieux, comme s’il s’agissait d’un rite religieux et en tuant leurs enfants premiers-nés, comme un sacrifice à ces mêmes dieux. Il semble que, dans une large mesure, le pays de Canaan était devenu une sorte de Sodome et Gomorrhe à l’échelle nationale. [...] Après avoir présenté Baal et sa parèdre Aschtoreth comme les principales divinités du panthéon cananéen, le Manuel biblique de Halley (angl.), édition révisée, déclare: “Les temples de Baal et d'Aschtoreth étaient généralement associés. Les prêtresses et les sodomites étaient des prostitués sacrés. Le culte de Baal, d'Aschtoreth et d'autres dieux cananéens consistait en des orgies sans nom; leurs temples étaient des centres de dépravation.” On a mis au jour un “grand nombre de sculptures et de plaques gravées représentant Aschtoreth dotée d'organes génitaux hypertrophiés de façon obscène, tous objets destinés à exacerber la sensualité. Les Cananéens adoraient donc leurs dieux en pratiquant devant eux des actes immoraux qui avaient valeur de rite religieux, et en assassinant leurs premiers-nés, qu'ils offraient en sacrifice à ces mêmes dieux”. - Pages 166, 167.

Expliquant plus tard aux Israélites pourquoi il expulsait les Cananéens, Dieu leur déclara: “Ne vous rendez impurs par aucune de ces choses, car c'est par toutes ces choses que se sont rendues impures les nations que je chasse de devant vous. Aussi le pays est-il impur, et je ferai venir sur lui la punition pour sa faute, et le pays vomira ses habitants.” Par la suite, il leur donna cet avertissement sans ambiguïté: “Et vous devrez garder toutes mes ordonnances et toutes mes décisions judiciaires et les pratiquer, pour que ne vous vomisse pas le pays où je vous mène pour y habiter.” - Lévitique 18:24-26; 20:22.

Canaan était donc un patchwork de royautés dont les pratiques religieuses détestables étaient à vomir. Outre leur cruauté et perversité, les rois locaux se faisaient la guerre en permanence et les alliances de circonstances se faisaient et défaisaient rapidement. Et c'est dans ce pays que Dieu envoie Abram…

Le début du chapitre 14 raconte une guerre entre deux coalitions de rois, chapitre où le mot ‘’guerre’’ apparaît pour la première fois dans la Bible. La localisation des trois premiers rois montre que ces coalisés viennent de la Mésopotamie. "1 Dans le temps d’Amraphel, roi de Schinear, d’Arjoc, roi d’Ellasar, de Kedorlaomer, roi d’Elam, et de Tideal, roi de Gojim, 2  il arriva qu’ils firent la guerre à Béra, roi de Sodome, à Birscha, roi de Gomorrhe, à Schineab, roi d’Adma, à Schémeéber, roi de Tseboïm, et au roi de Béla, qui est Tsoar." Genèse14. Nous  retrouvons les noms de royaumes très anciens, Sumer, une ville Etat de la Babylonie, Elam et des nations non identifiées. Ce détail historique est important, car il colle encore une fois à la réalité. Après la chute d'Ur, la Mésopotamie ne connaît plus d'empire et se fragmente en royaumes divers. Elle ouvre la période paléo-babylonienne qui est une période de l'histoire de la Mésopotamie, qui va de 2004 à 1595 av. J.-C. selon la chronologie moyenne. Elle débute et s'achève par la chute de deux grands empires, respectivement la Troisième dynastie d'Ur et la Première dynastie de Babylone. Là se forme un nouvel espace qui, malgré des particularismes régionaux, présente une évidente unité autour de divers traits culturels, notamment linguistiques, religieux, fortement marqués par les traditions antérieures (surtout celle de la Mésopotamie des Sumériens et premiers Akkadiens), mais aussi avec quelques particularités dues en partie aux pratiques propres aux Amorrites, qui gardent des traces de la vie nomade, de l'organisation en tribu, même chez ceux qui se sont sédentarisés et ont pris le pouvoir dans les anciennes cités proche-orientales. Au contact de ce monde se situent plusieurs régions ayant leurs propres particularités, peuplées par des populations non sémitiques, comme les Élamites, Hittites, Hourrites, Gutis. Une coalition de rois culturellement proche est donc vraisemblable pour faire quelques razzias en Canaan considéré comme barbare et facile à piller.

C'est dans ce contexte qu'Abraham apprend que Lot est victime d'une razzia. N'écoutant que son courage, il arme ses serviteurs et par une action audacieuse nocturne réussit à récupérer Lot et le butin pris par ses agresseurs. En ramenant Lot chez lui, le roi de Sodome en voyant la petite troupe revenir doit penser à un nouvel éventuel raid et sort à sa rencontre. Dans le contexte biblique, cela signifie qu'il se range en bataille contre Abram. Cette fois il fait jour, nous sommes en rase campagne et l'effet de surprise est nul. De surcroît le roi de Sodome est largement motivé par le fait que c'est des personnes liées aux familles de sa ville qu'Abram ramène au milieu de sa petite troupe. Ce malentendu pourrait réserver un sort funeste à Abram et son histoire s'arrêter dans la vallée de Schavé. Il faut ici souligner la dimension symbolique donnée aux noms des rois de Sodome et Gomorrhe. Le roi de Sodome porte le nom de Béra, qui signifie "fils du mal" et le roi de Gomorrhe est nommé Birsha, "dans la malfaisance". Ce ne sont pas des tendres et ils sont portés naturellement à faire le mal. Le chapitre 14 est donc dans son contexte une allégorie du combat entre le bien et le mal, du Ciel contre la Terre, comme le rappelle le troisième roi de la coalition, Adma, un nom formé avec les trois consonnes du nom d’Adam, l'adama, la terre ou encore le terrestre, celui qui n'est pas spirituel. Si on l'associe au quatrième roi Béla (destruction) de Tsoar, le tableau est plus que parlant. Les noms des coalisés sodomites donnent un relief spirituel qui apporte tout son sens au nouveau roi qui vient.

Un fait étrange va modifier le sort de la bataille qui se prépare. Dans la plaine à proximité de la ville de Sodome, une troisième troupe s'interpose et fait dresser une tente à son roi, qui se présente comme étant celui qui veut éviter le conflit, Melchisédek: soit roi de justice (tsédeq) et de paix (salem). Il est fort probable que c'est le contexte qui motive le nom de cet étrange intrus, où deux troupes très inégales se préparent à la guerre en se faisant face dans une ambiance mortelle. Melchisédek n'est pas seul, car il offre (littéralement "il fait sortir") un repas de pain et de vin. Le but étant de rassembler les protagonistes autour d'un repas, afin d'apaiser les tensions par la discussion. Genèse 14 : 18  Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut.19  Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre ! 20  Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout.

Melchisédek a toutes les caractéristiques du Messie à venir, car en ce temps-à il n'existait pas de royaume terrestre où l'on adorait le Dieu Très-Haut. Melchisédek ne peut être que la représentation physique du Roi du Royaume des cieux. Abram ne le sait pas encore, mais il vient de voir Dieu face à face dans sa forme humaine. Il apprend alors qu'il fut victorieux dans la bataille pour ramener Lot, uniquement parce que Dieu fut avec lui et le protégea. Cela signifie que le Dieu Très-Haut marche avec Abram. Face à son ennemi le roi de Sodome Béra, qui signifie "fils du mal", Melchisédek comme figure du Messie représente son opposition parfaite comme "fils de Dieu" qui bénit Abram. Pour Satan personnifié par le roi de Sodome l'affaire s'arrête là, car Abram est désormais intouchable, parce que Dieu Lui-même s'interpose entre eux. Mais c'est la suite qui va sceller le sort de Sodome.

Abram reconnaît en Melchisédek la figure du Dieu Très-Haut et prélève dans le butin un dixième qu'il offre en don à l'Éternel. Tout cela se passe sans que le roi de Sodome ne puisse dire ou faire quelque chose. Dans son for intérieur cela doit être la consternation, car c'est sur ses richesses que l'offrande est prélevée. Le roi de Sodome devient le témoin forcé de l'union qui se forme entre Abram et Dieu. Le diable doit être fou de rage et est totalement humilié face au nomade Abram qui vient de défaire une des plus puissantes coalitions armées du monde et qui de surcroît vient comme pour le narguer faire une offrande de son butin sous le nez du roi qui a été pillé. La réaction du roi de Sodome est plus dans le ton que la forme qu'un texte écrit ne peut traduire.

Genèse 14 : 21 Le roi de Sodome dit à Abram : Donne-moi les personnes, et prends pour toi les richesses. 22  Abram répondit au roi de Sodome : Je lève la main vers l’Eternel, le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre: 23  je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier, afin que tu ne dises pas : J’ai enrichi Abram. Rien pour moi ! 24  Seulement, ce qu’ont mangé les jeunes gens, et la part des hommes qui ont marché avec moi, Aner, Eschcol et Mamré: eux, ils prendront leur part.

D'un ton impératif et plein de mépris Béra le "fils du mal" laisse à Abram les richesses, puisqu'il préfère les donner à son "fils de Dieu" plutôt qu'à lui. Mais exige les personnes pour lui. Sachant qu'il n'y avait pas que des gens de Sodome dans la troupe ramenée, on peut se faire une idée du sort réservé à ceux qui n'étaient pas originaires de la ville. Cette attitude outrage Abram, car cela équivaut à une insulte de Melchisédek sous sa propre tente. Cette attitude révoltante met Abram en colère, il se lève en élevant sa main au ciel, ce qui l'agrandit encore plus face à ceux qui sont assis à ses côtés. Face à des rois assis, cette posture est un défi, une provocation et en d'autres circonstances cela aurait provoqué une guerre. Mais prenant Dieu à partie, c'est Abram qui impose ses exigences au roi de Sodome. Sur ce, la discussion est close et Abram s'en va. Ce qui est en soi un autre geste de défi face à un roi. Reste face à face Melchisédek et Béra qui doit copieusement insulter Abram et par la même occasion indirectement celui qui l'a béni. Seulement voilà, Béra ignore une chose, c'est que celui qui se tient à côté de lui est également celui qui dans un songe à dit à Abram: " je maudirai ceux qui te maudiront…" Gen 12 : 3. Le sort de la ville de Sodome et de son roi est désormais scellé!

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