vendredi 10 juin 2016

Pâques ou Pâque ? (partie 7)

Abram ou la renaissance spirituelle

Térach ne suivra pas l'ordre de l'Eternel d'aller à Canaan. Sans doute n'en comprend il pas les motifs, car dans la région de Canaan il n'y a rien, pas de grande ville, pas de civilisation développée et c'est au mieux une région de routes de passage entre l'Afrique et l'Asie. Or pour quelqu'un qui vit dans la logique du dieu Lune tout puissant, cela reviendrait à trahir ses croyances pour partir à l'aventure. Or le dieu Sin semblait leur être favorable, puisqu'il prospérait dans la ville. Abram partira avec : "sa femme, et Lot, fils de son frère, avec tous les biens qu’ils possédaient et les serviteurs qu’ils avaient acquis à Charan." Gen 5 : 12. Si le fils part avec tant de biens, a fortiori le père devait en posséder bien plus. La suite de l'histoire nous apprend qu'Abram était riche en troupeaux, ce qui devait être le commerce développé dans la famille de Térach. Or la chose n'est pas incompatible avec la piété de Térach et sa fidélité à Sin, car les offrandes au dieu étaient souvent faites en dons d'animaux sacrificiels ou pour le clergé qui les gardait au nom du dieu. Les pèlerins ou les marchands de passage achetaient donc souvent sur place les animaux qu'ils offraient en don au dieu, ce qui assurait la prospérité de Térach. Quitter la  ville, revenait à se couper de cette source potentielle de richesse.

Après la chute d'Ur, Haran devint la première ville en Mésopotamie dédiée au culte de Sin, qui était en ce temps-là le dieu principal du panthéon mésopotamien. La ville devient de facto alors une ville pèlerinage et de passage important pour le commerce. Un hymne sumérien dédié à l'aspect fertilisateur de Nanna/Sin décrit longuement les vaches constituant son troupeau, qui se comptent en centaines de milliers et lui procurent de grandes richesses à partir desquelles il offre ses bienfaits au monde. Dans les faits, l'ancien temple d'Ur disposait effectivement de milliers de têtes de gros bétail. Le développement du troupeau de Sin sur la Terre était donc le signe visible de la bénédiction du dieu qui vivait dans son temple.

Les Vaches de Sîn

Comme elles sont nombreuses !
Comme les vaches sont nombreuses !
Comme le bétail de Su'en est nombreux !
Celles qui sont sombres sont en lapis-lazuli translucide ;
celles qui sont pâles sont la lumière de la lune naissante.
Celles qui sont petites glissent comme des grains d'orge pour toi ;
celles qui sont grosses se pressent les unes contre les autres comme des taureaux sauvages pour toi.
La Gloire du Ciel (épithète de Nanna/Sîn) a enlevé les colliers des nombreuses vaches de son troupeau grouillant.
Il a amené le lait des magnifiques vaches en abondance pour les tables d'offrandes
Ses mains brillantes versent du lait en permanence.


Si Nanna/Sîn apparaît dans diverses prières de pénitents cherchent à savoir quelle faute ils ont commis pour s'attirer un malheur qui les touche, comme c'est le cas pour tous les autres grands dieux, il est plus particulièrement invoqué dans des cas liés à son rôle de dieu de la fertilité. Un rituel visant à aider l'accouchement difficile d'une femme enceinte est ainsi placé sous les auspices du dieu lunaire, et une longue prière assimile la parturiente à Geme-Sin (« femme-esclave de Sin »), une vache du troupeau de Nanna/Sin ayant du mal à mettre bas :

Prière à Sîn pour une parturiente

Lorsque à terme furent les jours, et, achevés, les mois,
la Vache devint de plus en plus nerveuse,
Son berger était préoccupé et, irrités, tous les jeunes pâtres,
À sa plainte, à son cri de délivrance, Nanna est atterré
Sîn, dans les cieux, entendit son cri ; il leva au ciel sa main :
deux anges célestes descendirent, l'un portait de l'huile de flacon,
l'autre fit descendre les eaux de délivrance.
(Le premier) toucha son front de l'huile du flacon,
(l'autre,) des eaux de délivrance aspergea tout son corps.
Une deuxième fois, il toucha son front de l'huile du flacon,
(et l'autre,) des eaux de délivrance aspergea tout son corps.
Lorsqu'on toucha pour la troisième fois,
le Veau, comme un faon de gazelle, tomba sur le sol
et au Veau, (la Vache) donna pour nom celui d'Amar-ga (« Veau de lait »)
De même que Geme-Sîn a normalement (ainsi) enfanté,
qu'enfante de même cette jeune femme dans les douleurs,
que la sage-femme n'ait pas d'obstacle, que la prégnante aisément se délivre !


Pour Abram cet aspect du dieu Lune lui causait bien des soucis, car sa femme était stérile et le dieu Sin ne répondait à aucune de ses prières pour la rendre féconde. Il prend alors son neveu Lot dans sa maison comme son fils. C'était une manière de compenser la stérilité de Saraï sa femme. Mais la présence de Lot n'effaçait pas l'amertume de la stérilité du couple. Pour ce couple très pieux qui portait les noms théophores des dieux qu'ils adoraient, la stérilité de Saraï était d'autant plus difficile à supporter, que l'histoire du dieu Sin avec sa parèdre Ningal était empreinte d'amour passionné et fécond.

Ningal, était la fille bien-aimée de Ningikuga, la déesse des roseaux et d'Enki, le dieu de la magie, de l'artisanat et la Sagesse. Pour bien comprendre qui est Ningikuga, il est nécessaire de revenir en arrière dans le temps dans la partie méridionale de la Mésopotamie, où les gens ont commencé à coloniser la région en construisant les premières cabanes pour le logement et les temples des dieux avec des roseaux qu'on liait ensemble pour en faire des piliers, les arbres étant rares dans la région du delta. La première colonie identifiée dans le sud de la Mésopotamie était Eridu, ville dédiée à Enki, où « la royauté descendit du ciel sur la terre". Ningikuga est donc une déesse très ancienne, qui nous raconte les débuts de la vie organisée, une fois que les roseaux ont été utilisés pour construire des maisons, des temples, des meubles, des radeaux ou des clôtures. Sa relation avec Enki remonte donc au début de la vie urbanisé à Sumer. Leur fille, Ningal, est dite être jeune et jolie, ainsi que de posséder le don de dévoiler le sens énigmatique des visions, mais surtout des rêves qu'on transcrivait dans des poésies. Ningal est donc la déesse de l'interprétation des songes nocturnes et de la divination, une fille réservée vivant avec sa mère dans les roseraies fertiles du sud de la Mésopotamie, jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse de Nanna et devienne sa femme. La sagesse de Ningal, associée à la fertilité de Nanna, visaient à expliquer le principe civilisateur des Sumériens et leur prospérité. Ainsi la famille des dieux mésopotamiens, accompagne-t-elle le développement de Sumer. Enki et Enlil font les hommes, Ningikuga aide à la fondation des premières villes, puis lorsque celles-ci sont établies en cités Etats, le dieu Lune Nanna/Sin et sa parèdre Ningal prennent le pouvoir pour en assurer la prospérité. Quand enfin vient le temps des rivalités et des guerres entre les cités, puis des premiers royaumes, les conflits prennent toujours plus d'ampleur et c'est Ishtar comme déesse de la guerre qui est alors hissée au sommet du panthéon. Dans ce schéma rapidement brossé de la religion sumérienne, on se rend aujourd'hui facilement compte de la manière relativement fruste dont on comprend le fonctionnement du monde il y a des millénaires. La religion est rapidement devenue un instrument entre les mains du pouvoir royal qui se divinise et du clergé qui l'instrumentalise. Pour donner plus de vie et de consistance à tout cela, la seule adoration de statues inertes dans de grands temples ne suffit pas. Des oracles par des signes et des songes, viennent alors apporter la parole des dieux au milieu des hommes et c'était souvent les grandes prêtresses de Ningal qui jouaient le rôle d'interprète de la déesse. On comprend aisément pourquoi tous les rois plaçaient leurs filles à ces postes stratégiques dans les grands temples. Par leurs voix parlaient les dieux et accessoirement leurs pères qui orientaient le sens des oracles en leur faveur.

Pour les fils de Dieu, que ce soit dans le groupe de Noé resté dans la vallée de l'Ararat ou pour celui de Péleg partie à Ur, le principe de communication entre Dieu et les hommes est globalement identique à celui qui se pratique dans le royaume sumérien. De nombreux signes et songes ont dû prévenir les patriarches de quitter définitivement la Mésopotamie. Concernant Térach et Abram la chose est avérée dans la Bible, mais seul Abram suivra la voix de Dieu traduite ainsi: Genèse 12 : 1 L’Eternel dit à Abram : Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. 2  Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. 3  Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. 4 Abram partit, comme l’Eternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram était âgé de soixante-quinze ans, lorsqu’il sortit de Charan.

A ce stade-là, Abram suit un oracle interprété comme celui des dieux d'Haran. Il emmène Lot comme son fils pour perpétuer son nom et fonder un nouveau royaume en Canaan. La demande divine paraît logique à Abram et Saraï, puisque les songes et la promesse de la prospérité sont l'apanage du couple divin d'Ur et d'Haran. Abram reste fidèle à ses principes et à l'enseignement de son père, et ne se met pas en rupture conflictuelle avec la maison paternelle. Il suit l'oracle des dieux avec la bénédiction de Térach qui lui donne les moyens de fonder son nouveau royaume. Abram part de Haran, en empruntant une route commerciale jusqu’à un gué à Karkémish ; et de Karkémish il bifurqua vers le sud. À la hauteur de Damas, il prit la direction de ce qui fut appelé par la suite la mer de Galilée. Il existait la via Maris, c’est-à-dire la “ Voie de la mer ”, qui passait par Meguiddo et allait jusqu’en Égypte. Mais curieusement Abraham s’enfonça dans les montagnes de la Samarie, et finalement planta ses tentes à Sichem.


L'itinéraire suivi par Abram en dit long sur ses croyances au début de son périple vers Canaan. Il ne suit pas le chemin le plus facile en suivant la côte ou en remontant la plaine du Jourdain. Non, il monte sur les sommets des montagnes où l'on pratiquait habituellement les cultes idolâtres en vigueur dans le pays. Si on revient au contexte de la région du temps d'Abram, Canaan avait quelques villes sur le littoral méditerranéen et le long du Jourdain, mais entre les deux pas grand-chose, car la région n’était pas riche sur le plan agricole et habiter l’intérieur du pays avec ses collines arides, limitait les activités à l’élevage du petit bétail. Pour cultiver quelques céréales, il faut espérer la pluie.

Dans la région il n'y a pas de temple, pour cela il faut aller en Egypte ou revenir en Mésopotamie où existent des villes assez grandes pour les construire et les entretenir. Les dieux locaux sont limités au dieu EL qui vient d’une racine qui signifie premier, il est le père des autres dieux qui forme le pluriel d'El, Elohim. El est donc à prendre dans le sens générique et commun de la divinité en général et Elohim comme l'ensemble du panthéon des dieux, soit la divinité dans une expression plurielle. Pour honorer El, on élève simplement une stèle en prenant un long rocher que l'on redresse de manière très simple, les outils étant rares et chers sur les hauteurs de Canaan. Sa parèdre est Ashera représentée par un arbre ou juste son tronc une fois qu'il est mort. Elle représente la déesse de la fertilité et leur fils Baal est celui qui apporte la pluie. Je résume dans les grandes lignes sans vraiment entrer dans les détails avec les autres dieux mineurs. Les croyances sont donc uniquement liées à ce qui est strictement utile à la survie dans le pays: la vie en général, la reproduction et la pluie. On est très loin des cultes complexes de la Mésopotamie et de leurs temples ziggourats grands comme des montagnes.

On peut aisément se mettre à la place d'Abram et Saraï sa femme qui venaient du phare de la civilisation qu'était la ville d'Ur, avec ses terres cultivées irriguées et riches, ses rues remplies d'artisans, ses palais et nombreux temples, dont le plus grand et le plus beau du monde connu, le temple du dieu Lune. Et qui maintenant cheminaient au milieu de nulle part, dans un pays inconnu peuplé de barbares incultes. Ils cherchent donc des réponses aux nombreuses questions qu'ils se posent tout le long du chemin. Ils demandent donc aux habitants de la région où on peut consulter un oracle. On indique à Abram qu'à Sichem il y trouvera une forêt sacrée où il pourra consulter les oracles. Genèse 12 : 6 Abram parcourut le pays jusqu’au lieu nommé Sichem, jusqu’aux chênes de Moré. Les Cananéens étaient alors dans le pays. 7  L’Eternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à l’Eternel, qui lui était apparu.

Au sens figuré, le mot "moré" en hébreu représente celui qui enseigne, ou le devin, c'est-à-dire celui qui jette les dés pour obtenir de la divinité une thora, une sentence, un oracle. Le chêne de Moré ou élôn môrèh, ce dernier mot n'est pas un nom propre, comme l'entendent la plupart des traductions, mais le qualificatif de élôn, le chêne qui enseigne ou qui rend des oracles, le chêne-devin : le bruissement du feuillage était censé être une manifestation de la divinité (cf. l'oracle de Dodone et 2-Samuel 5 : 24), et un « homme de Dieu » savait l'interpréter; de là la traduction possible : chêne du devin. C'est là nettement le sens, dans Jug 7 :  1, de guibeath hammôrèh (avec l'article) : la colline du devin, très probablement à l'Est de la plaine de Jizréel, qu'on a cru retrouver dans le Djebel ed-Dahi ou Petit Hermon, mais ce n'est pas sûr du tout. Quant au chêne-devin (Ge 12 :6 ), il était près de Sichem que ce même verset donne pour la première station d'Abraham à son arrivée en Canaan. Il est difficile de savoir ce que l'auteur du Deutéronome (De 11 : 30) entend exactement ; mais il y a, à proximité de Sichem, une localité dont le nom arabe de Djoulêdjil correspond tout à fait à l'hébreu Guilgal mentionné dans ce même verset et mis en rapport avec l'Ébal et le Garizim. On peut donc identifier ce chêne-devin-là avec celui de Ge 12 : 6.

Le cheminement spirituel et historique d'Abram est donc parfaitement cohérent avec les données historiques et archéologiques connues à ce jour. L'histoire d'Abram n'est donc pas un mythe, mais une réalité historique inscrite dans la mémoire du peuple juif. A Sichem un nouvel "oracle" annonce une postérité à Abram. Une promesse de cette nature a dû certainement jeter le trouble dans la famille et n'a pas sur le moment été prise comme la promesse d'un fils en ligne directe, mais comme la confirmation que Lot lui succéderait. Abram poursuit donc son chemin sur les hauteurs et s'éloigne de plus en plus des lieux habités et de la civilisation. Ses pas le portent alors jusqu'à un point de vue à l'Est de Béthel où l'on aperçoit la plaine du Jourdain. Il y plante sa tente et reçoit là une révélation qui va le bouleverser et par voie de conséquence, le monde entier. On y prête pas beaucoup attention, mais c'est là que la Bible nous dit ceci en Genèse 13 : 3  Il dirigea ses marches du midi jusqu’à Béthel, jusqu’au lieu où était sa tente au commencement, entre Béthel et Aï.

Le livre de la Genèse a su, si on y prend garde, donner suffisamment de détails très précis pour que fil de la trame historique des patriarches antédiluviens et postdiluviens puisse être retracée, au moins dans les grandes lignes. Or les détails géographiques concernant Bethel et Aï intriguent. Car entre ces deux points il n'y a rien et c'est précisément le point le plus important de l'histoire d'Abram.

Plus loin dans le texte en Genèse 13 : 3 on donne un qualificatif particulier à ce lieu précis qu'on nomme "la tente au commencement", celle où débute une nouvelle histoire, celle du peuple juif. Certainement Abram a dû avoir cette réflexion de bon sens: si le dieu Sin ou la déesse Ningal lui ont parlé à Ur et Haran, puis que des dieux différents comme le dieu El ou la déesse Ashera lui ont parlé à Sichem, c'est que peut-être ce ne sont pas ces dieux-là qui lui ont parlés, mais un autre Dieu, un Dieu différent et unique qui lui parle, comme Il le fit à ses ancêtres, Noé, Hénoch et même Adam!

Entre Béthel et Aï, loin de tout, des villes et des hommes, Abram retrouve la conscience du Dieu unique et vivant de ses pères. Ici point de temple, d'arbre sacré ou d'autel, rien. Il prend alors une décision lourde de conséquences, les anciens dieux ne seront plus ses dieux, mais il honorera plus que le Dieu unique de ses ancêtres. Genèse 12 : 8  Il se transporta de là vers la montagne, à l’orient de Béthel, et il dressa ses tentes, ayant Béthel à l’occident et Aï à l’orient. Il bâtit encore là un autel à l’Eternel, et il invoqua le nom de l’Eternel. 9  Abram continua ses marches, en s’avançant vers le midi.

Souvent les exégètes focalisent leur attention sur le sens du nom donné par Abram à ce dieu, alors que le point important est qu'il n'invoque plus qu'UN seul dieu. C'est le signe du rejet du paganisme et du polythéisme. Dans le même registre, on comprend alors que c'est le processus inverse qui se mit en place du temps d'Hénoch où il est dit: "Seth eut aussi un fils, et il l’appela du nom d’Enosch. C’est alors que l’on commença à invoquer le nom de l’Eternel". Genèse 4:26 Quand on comprend et mesure la profondeur spirituelle de la décision d'Abram, alors il faut le faire pour Hénoch. L'invocation du nom de l'Eternel dans ce cadre-là ne peut avoir qu'une signification, les fils de Dieu ont abandonné le culte du Dieu vivant pour suivre celui des dieux païens dans les temples qui se construisaient dans les villes sumériennes. Ce qui était un moyen de démontrer qu'ils s'intégraient dans le tissu social de l'époque. Les mariages mixtes ne faisant que renforcer l'abandon du culte de l'Eternel.  Genèse 4 : 1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, 2  les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent. 3 Alors l’Eternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. 4 Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité. 5  L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. 6 L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. 7  Et l’Eternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. 8 Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Eternel.

Noé restera le dernier de son temps à poursuivre le culte de l'Eternel, mais également à écouter Sa voie et suivre Ses commandements. Cela implique que lorsque l'Esprit de Dieu repose sur un homme, les songes, visions et prophéties accompagnent la vie des fils de Dieu. Ils sont les signes spirituels qui marquent la vie des enfants de Dieu. Les dons spirituels attestent donc que l'Esprit Saint "reste dans l'homme" et l'accompagne tout le long de sa vie. C'est le sens même de la création de l'homme. Une fois le corps formé dans sa dualité, l'Esprit Saint va se manifester quand la femme sera prise de l'homme. Dans le chapitre 2 de la Genèse, l'adam mâle et femelle va être remodelé en une nouvelle image de Dieu. L’homme fait à Son image est partagé en deux parties égales qui forment Ish (l'homme) et Isha (la femme). "L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. 23  Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme." Le mot איש Ish est composé de trois lettres, le Aleph, le Yod et le Shin. Le mot אשה   Isha s’écrit avec trois lettres, le Aleph, le Shin et le Hé. Le féminin en hébreu, s’obtient en ajoutant la lettre Hé au mot masculin. Les lettres communes pour écrire l’homme et la femme sont l’Aleph et le Shin. Or, ces deux lettres forment en hébreu le mot Esh (אש), le feu. Comme pour souligner que ce qui est commun aux deux c'est leur nature ardente. Les deux lettres qui différencient ‘Ish’ et ‘Isha’ sont le Yod et le Hé. Le Yod est au centre du mot ‘Ish’ et le Hé termine le mot Isha. Ces deux lettres réunies forment le mot יה YAH, qui est l’abréviation du nom de Dieu. La composition d'Ish et d'Isha nous donne comme résultat le « Feu de Yah », soit pour simplifier, le Saint Esprit.

Le processus en cours avec Abram et Saraï vise donc à rendre à ces derniers représentants de la lignée directe d'Adam, le sens divin du fils de Dieu au travers de l'ish et de l'isha. Soit remettre l'Esprit de Dieu dans le cœur de l'homme.

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