lundi 30 mai 2016

Pâques ou Pâque ? (partie 6)

De Noé à Abram dans le contexte historique antique

Pour retracer l'histoire des fils de Dieu d'Adam jusqu'à Abraham il faut rester factuel, tout en conservant à la Bible son caractère inspiré. Comme le canon biblique a commencé à être compilé à partir de l'exode babylonien pour s'achever quelques décennies avant la venue du Messie, il devrait couler de source que la Torah ne fut pas conservée intacte depuis sa conception par Moïse jusqu'à son écriture définitive. Sous le règne du roi Josias (-639 à -609) on restaure le temple et on retrouve UN exemplaire du livre de la Loi. On pense aujourd'hui qu'il ne s'agissait que du livre du Deutéronome et qu'on a complété le reste par la loi orale et des éléments pris dans la religion babylonienne pour reconstituer l'histoire biblique la plus ancienne. La mémoire collective juive a dû conserver précieusement le nom et les dates de ses patriarches comme l'ossature de son Histoire, ainsi que certains éléments concernant les personnages clés comme, Adam, Noé et Abraham. Il y a donc dans l'Histoire une histoire, que l'on peut retracer si on s'en tient à l'ossature chronologique pour reconstituer le corps de notre passé biblique.

A partir de quelques noms, dates et lieux précis, il semble impossible de reconstituer le fond historique des patriarches, sauf si l'on y adjoint les formidables progrès de la science de ces dernières décennies. A partir de l'empire d'Akkad, on possède des tonnes de tablettes d'argile qui racontent la vie à cette époque. On peut donc reconstituer la trame de fond et y superposer la vie de nos patriarches postdiluviens. Cependant, parmi les éléments bibliques difficiles à concevoir se trouvent les âges incroyablement longs des patriarches et les chronologies mentionnées en Genèse 11. Les Mésopotamiens utilisaient un système hexadécimal (base 60) et les âges patriarcaux dans la Genèse tournent autour des chiffres 60 et 7. En plus des nombres sacrés en usage en Mésopotamie, certains nombres sont préférés dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament : 3, 7, 12 et 40 que l’on retrouve aussi dans ces chronologies. Cela ne signifie nullement que les dates bibliques ont un sens figuré, mais qu'elles s'inscrivent dans une vérité spirituelle et historique dépassant la seule signification numérique. Autrement dit, les chiffres dans la Bible n’ont pas d’abord une signification numérique, mais d’abord une signification sacrée.

Les nombres bibliques portent donc en eux le sceau du divin. Mais ils ont également été donnés pour être retenus facilement. La première généalogie antédiluvienne d'Adam à Noé se compte sur les doigts des deux mains et se termine par trois fils, soit les trois phalanges d'un doigt. La généalogie postdiluvienne de Noé à Térach se compte de manière identique à la première. Cette symétrie peut évidemment ne rien signifier de particulier, mais si l’on se souvient qu’à l’époque de la Bible, le texte biblique était d’abord appris oralement avant d’être écrit sur du papier, ces symétries jouent un rôle évident de moyens mnémotechniques. Ainsi, quand on chantait ou contait l'histoire familiale pendant les veillées, c'est en comptant sur ses doigts que l'on énumérait la généalogie des patriarches. On peut donc raisonnablement considérer que Dieu a agi de telle sorte que l'histoire des fils de dieu se transmette de génération en génération, jusqu'à la rédaction de la Bible.

Ainsi, si les noms et dates ont été pieusement conservés, à partir des seules dates bibliques on remarque en se référant au tableau chronologique des patriarches, que deux groupes se distinguent par des longévités très différentes, car on divise par trois pratiquement la durée de vie d'un groupe par rapport à l'autre. Les 5 patriarches de Noé à Eber vivent en moyenne 577 ans. Le second groupe de Peleg à Térach vit en moyenne 171 ans, soit même pas le tiers du temps. Mais s'agit-il vraiment de groupe?


A partir des seuls noms que peut-on dire? Que Noé dont la racine lexicale signifie le repos ou se poser, trouva le repos et se posa dans le sens de planter sa tente après avoir vécu sur une terre remplie de violence. Par son fils Sem (nom, renommée) , il retrouva une réputation et Arpacschad s'établit, formant une nouvelle souche familiale par Schélach (pousse, rejeton), dans une région de l'autre côté du pays, Héber (l'autre côté, la région au-delà). Puis vint la division familiale avec Péleg (division). "Il naquit à Héber deux fils : le nom de l’un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan." Gen 10 : 25. En lisant le texte sans s'y attarder, on pourrait penser que la terre fut partagée entre Péleg et Joktan.  Cependant il est plus vraisemblable qu'il s'agisse d'une division familiale entre les deux groupes familiaux de longévité fort différente.

Donc à partir de Péleg la famille se serait scindée, ce qui nous donne bien deux groupes distincts de 5 patriarches. Reste un nom énigmatique dans la première liste qui visiblement n'a aucune racine hébraïque, mais un fort accent étranger. On peut donc raisonnablement considérer qu'Arpacschad, car c'est de lui dont il s'agit, porta un nom à consonance local, du moins en partie. Retrouver l'origine sémantique du nom reviendrait à trouver la région au-delà du pays où le fils de Sem s'est établi. Si l'on revient à la généalogie de Genèse 10, on remarque que Sem eut 5 fils: "Les fils de Sem furent : Elam, Assur, Arpacschad, Lud et Aram." Gen 10 : 22. Quatre fils correspondent à quatre régions précises, Elam (Perses) et Assur (Assyriens) au sud et Lud (Lydiens) et Aram (syriens) plus au nord. Reste Arpacschad, qui est donc certainement le nom d'une région située au milieu, mais au-delà de ces peuples connus qui formaient peu ou prou les contours de l'empire akkadien contemporain du premier groupe.

La manière la plus simple de s'éloigner du sud mésopotamien détruit par l'inondation, c'est de suivre les routes commerciales qui remontent vers le nord en suivant les deux grands fleuves, le Tigre et l'Euphrate. En faisant cela, vous allez immanquablement traverser le royaume d'Akkad qui était en conflit permanent avec Sumer. Bien que fugitif d'un pays détruit, vous n'aurez certainement pas envie de devenir des sujets relégués au rang d'esclave chez les Akkadiens. Vous traverserez donc le pays en cherchant à vous en distancer le plus possible. Mais comme Sargon d'Akkad a été débarrassé de ses ennemis héréditaires du sud les plus puissants, l'occasion fut trop belle pour ne pas chercher à prendre possession de toute la Mésopotamie et c'est ce qu'il fit.

Conquêtes de Sargon d'Akkad

La famille de Noé dut donc poursuivre son chemin pour s'éloigner le plus loin possible des Akkadiens en suivant les fleuves jusqu'à leurs sources, au-delà du lac de Van dans la région de l'Ourartou, l'Arménie actuelle. Là, une chaîne de montagnes sert de bassin versant au Tigre et à l'Euphrate qui descendent vers le sud et sur l'autre bassin versant coule l'Araxe qui coule vers l'est pour finir dans la mer Caspienne. Si vous basculez de l'autre côté de la montagne qui forme une barrière naturelle, vous quittez le monde civilisé de l'époque pour rejoindre des territoires quasi vierges où quelques tribus locales cultivent depuis plus de mille ans la vigne. Se fondant sur les plus récentes découvertes archéologiques, des auteurs comme Alexis Lichine situent en Arménie la « patrie du raisin », tandis que Hugh Johnson ne manque pas de souligner que ce lieu d'origine de la vigne cultivée. Dans la plaine fertile où coule l'Araxe, si vous tournez votre tête vers le sud où se trouve votre patrie d'origine, votre regard sera immanquablement attiré par la plus haute montagne, un volcan de plus de 5000 m, surnommé le mont Ararat. Vous êtes donc dans la vallée de l'Ararat. Il ne reste plus qu'à trouver un lieu pour vous établir, car le pays apparaît aux yeux du voyageur comme un immense jardin verdoyant. La vallée de l'Akhourian, rivière qui se jette dans l'Araxe, semble idéale. Aujourd'hui cette rivière forme la frontière avec la Turquie et les Turcs la nomment Arpaçay. La famille de Noé aura donc laissé au moins un souvenir dans la région, celui du nom du fils de Sem, Arpacschad. Si tel est le cas, d'autres "souvenirs" de famille doivent forcément être restés dans la région. Grâce à William H. Shea et ses recherches archéologiques, on a pu aller beaucoup plus loin. Pour résumer le résultat de ses recherches dans la région, on peut dire que les lieux très plausibles de l'ensevelissement de trois hommes et de leur femme ont été identifiés en Arménie : Noé et sa femme dans le monticule près du lac Qare, à 3 000 m sur le flanc du mont Aragatz, à une heure de route au nord d'Erevan, Sem et sa femme dans la tombe au centre du site mégalithique de Zorats Qarer, à trois heures de route au sud d'Erevan, et Japhet et sa femme sur le promontoire donnant sur la vallée où se trouve le monastère de Tatev, à six heures de route au sud d'Erevan.

L'histoire biblique de Noé est donc identique à celle d'Adam dans le jardin d'Eden, dans le sens où le texte biblique est rédigé sous une forme poétique destinée à être chantée de manière facile à retenir pour les générations futures, mais permettant également une double lecture par les symboles contenus dans l'histoire. Par les fleuves qui sortent du jardin d'Eden on peut trouver la zone précise de son implantation, comme pour le mont Ararat, point de chute de la famille de Noé. Ainsi avec un point géographique et une date précise, retracer l'histoire des fils de Dieu avant Abraham devient possible aujourd'hui. Concernant la famille de Noé on sait qu'elle n'a plus bougé jusqu'à sa mort et celle de Sem. Ayant compris le danger que représentait le développement d'une civilisation quand les dirigeants de celle-ci instrumentalisent la religion pour en faire un élément de gouvernance, Noé et sa famille firent le choix de s'en éloigner pour garder leur fidélité au Dieu du Déluge dans une région très peu développée. Mais les choses vont bientôt changer avec la renaissance sumérienne.

Pendant le XXIè siècle av J-C., Sumer retrouva son indépendance et brilla à nouveau sur le monde. La souche adamique avant Noé n'avait jamais quitté le pays de Sumer et même avait fortement contribué à son développement par Caïn, posant en cela les bases mêmes du principe de civilisation. Le souvenir de cette gloire passée était resté vif dans la mémoire de la famille de Noé et le temps passant le souvenir du Déluge s'effaça progressivement, accentué par les nouvelles venant de l'autre côté de la montagne. En effet, la renaissance sumérienne renvoyait à l'Histoire ancienne le Déluge. Le simple fait que Sumer renaisse, n'était-ce pas le signe que Dieu avait pardonné au monde et que le temps du retour était venu?

Noé dont la sagesse était proverbiale ne partageait pas du tout l'idée du retour, connaissant que trop bien les effets de la civilisation sur la foi et les comportements des fils de Dieu. Péleg (division) faisant fi de l'avis du patriarche Noé quitta la souche familiale pour retourner à Ur en Chaldée (Sumer). Par sa descendance Rehu (viens de rea: l'autre), il forma une autre  branche familiale avec Serug (branche scion). Mais la bénédiction de l'Eternel ne repose pas sur ce groupe familial. Nahor (halète) peine à respirer dans la Basse Mésopotamie, car l'air y est moins vif que dans la pleine de l'Ararat et il mourra à 148 ans, ce qui est jeune pour un patriarche. Cette déficience respiratoire semble devenir congénitale, car son petit-fils portera le même nom Nahor, donc la même maladie et tuera sans doute son frère, "Et Haran mourut en présence de Térach, son père, au pays de sa naissance, à Ur en Chaldée." Gen 11 : 28. Les problèmes de santé ne concerneront pas que les hommes, les femmes elles sont confrontées à un grave problème de stérilité, ce qui est une manière divine d'éliminer une famille frappée de malédiction, car c'était ainsi qu'était perçu la stérilité en ce temps-là. Sarah, Rebecca et Rachel seront toutes guéries de leur stérilité par une intervention directe de l'Eternel.

L'installation à Ur, ville construite autour des grands temples du dieu Sin (Lune) et de sa fille  la déesse Ishtar, va avoir pour conséquence logique l'abandon du Dieu du Déluge. "Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térach, père d’Abraham et père de Nachor, habitaient anciennement de l’autre côté du fleuve, et ils servaient d’autres dieux." Jos 24:2. Les noms mêmes de Térach et de ses descendants vont dans le sens de l'affirmation de Josué. Car à l'instar des rois de Sumer, il était courant de donner comme nom à ses enfants, un nom rattaché sous une forme ou une autre au dieu tutélaire du lieu où on habitait. Comme le dieu principal d'Ur était le dieu de la Lune Sin, des noms théophores apparaissent avec Térach, ce nom ayant  une racine hébraïque qui signifie soit «lune» ou «mois» selon la vocalisation: Yareah, "lune" ou Yerah, "mois". Dans le langage "ougaritique" parlé au nord dans la ville d'Haran, "Terah" était le nom même du dieu Lune. Le patriarche Térach avait donc choisi le dieu Lune comme son dieu protecteur. Abram et Saraï, les enfants de Térach, avaient également des noms théophores.

L'onomastique (Branche de la lexicologie qui étudie l'étymologie) propose plusieurs pistes concernant l'étymologie du nom d'Abram: "Le père est élevé", "Père exalté (ou haut)" ou "Exalté par le père". Le terme de "père" se réfère alors à la divinité vénérée par le porteur du nom, ici le dieu Sin dont les odes chantaient ses vertus de père: " Père, illuminateur, seigneur, Sin, prince des dieux! Père, illuminateur, seigneur d'Ur, prince des dieux! Père, illuminateur, seigneur du E-Sirgal, prince des dieux! Père, illuminateur, seigneur, créateur des couronnes, prince des dieux! Père, illuminateur, qui fait arriver majestueusement la royauté à sa plénitude, prince des dieux!..."
Saraï vient de l’akkadien Sharratu qui signifie « reine » et de Sarrati, nom sous lequel la pleine Lune, la déesse Ningal épouse du dieu Sin, était adorée.
Haran renvoie à la seconde grande ville où le dieu Sin était adoré.
Milca la fille d'Haran, vient de Malkatu qui signifie la princesse, nom d'Ishtar fille du dieu Sin.
Laban le fils de Milca et père de Léa et Rachel, qui vivait à Haran l'autre ville dont Sin était le dieu tutélaire, a un nom qui signifie "blanc", un dérivatif du dieu Lune, "lebana" signifiant en hébreu la Lune blanche.
Josué avait donc raison d'affirmer que toute la famille de Térach avait basculé dans l'idolâtrie.

L'implantation de la souche familiale par Péleg dans la ville d'Ur, allait finir en catastrophe si ses descendants continuaient d'y résider. Térach sera le premier à bibliquement être appelé à quitter Ur et même la Mésopotamie pour aller s'établir au pays de Canaan. "Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent." Gen 31 : 11. Quand on connaît la suite de l'histoire, on peut penser que Térach fut appelé par l'Eternel à suivre la voie que seul Abram suivra plus tard. L'appel devait être suffisamment pressant et menaçant pour qu'il parte avec une grande partie de la famille, car Ur était un phare de la civilisation à l'époque et partir dans une région peuplée de barbares incultes n'était pas évident. Il coupa alors la poire en deux et s'installa à Haran, ville qui fut l'un des principaux centres, commerciaux, culturels et religieux de Haute Mésopotamie. Sa situation géographique au croisement de deux pistes caravanières en a fait un point stratégique au cours de l'Histoire. Une de ces pistes reliait la Syrie à la vallée du Tigre, l'autre conduisait vers l'Euphrate et le golfe Persique, d'où son nom en akkadien, "route ou itinéraire". La ville se situera également à mi-chemin entre Canaan et la vallée de l'Ararat. Il n'est donc pas exclu que des contacts par le biais des caravanes aient été maintenus entre la branche familiale de Noé qui vivait encore du temps d'Abram et celui-ci.

Pour le reste de la famille qui est resté dans la ville d'Ur ou ses environs, les choses vont rapidement se dégrader et c'est un euphémisme. En -2004 une coalition menée par un roi élamite, Kindattu de Simashki, envahit le pays de Sumer et réussit à prendre Ur. Le résultat se retrouve dans les Lamentation sur la destruction d'UR traduit par S. N, Kramer:
"O, père Nanna (Sin), cette ville s'est changée en ruines...
Ses habitants, au lieu de tessons, ont rempli ses flancs;
Ses murs ont été rompus, le peuple gémit.
Sous ses portes majestueuses où l'on se promenait d'ordinaire, gisaient les cadavres;
Dans ses avenues où avaient lieu les fêtes du pays, gisaient des monceaux de corps.
Ur - ses forts et ses faibles sont morts de faim:
Les pères et les mères restés dans leur demeure ont été vaincus par les flammes;
Les enfants couchés sur les genoux de leur mère, comme des poissons, les eaux les ont emportés.
Dans la cité, l'épouse était abandonnée, l'enfant était abandonné, les biens étaient dispersés.
O, Nanna, Ur a été détruite, ses habitants ont été éparpillés!
"
L'impact de la chute d'Ur fut considérable  dans le Moyen Orient, comparable en Occident à la prise de Rome par les barbares et à la chute de l'empire romain .

Péleg l'artisan de la division familiale mourra cette année-là, certainement tué dans la ville. Nahor le père de Térach mourra un an plus tard. Ainsi deux patriarches disparaissent avec la chute d'Ur. Rehu et Serug survivront et certainement remontèrent également vers Haran ou sa région Paddan Aram, puisqu'on sait quand ils sont morts, ce qui confirme le maintien d'un minimum de relations familiales entre les patriarches, la même chose pour la branche de Noé. Ainsi, si l'on reste exclusivement dans la liste des noms et des dates bibliques, l'histoire des patriarches bibliques et l'Histoire dans l'antiquité mésopotamienne se recoupent extraordinairement bien.

Après la destruction d'Ur, le temple de Sin à Haran connaît une grande prospérité durant tout le IIe millénaire av. J C., comme un des principaux sanctuaires de Haute Mésopotamie. Térach l'idolâtre y reste définitivement, rejoint par le reste de la famille qui est alors considéré comme le reste des habitants du pays, des Araméens: Genèse 25:20  "Isaac était âgé de quarante ans, quand il prit pour femme Rebecca, fille de Bethuel, l’Araméen, de Paddan-Aram, et sœur de Laban, l’Araméen." A ce stade de la vie des patriarches à partir de Térach et de ses descendants, on peut considérer que "les fils de Dieu" au sens antédiluvien du terme, ont cessé de l'être. L'Esprit de Dieu ne repose plus sur eux et c'est une nouvelle génération spirituelle qui doit voir le jour, sinon l'histoire des patriarches s'arrêtera à Haran et se perdra dans l'oubli de la nuit des temps. Mais heureusement un homme va réagir, Abram…

2 commentaires:

  1. Bonjour frère,

    Merci encore pour la suite de cette étude. Mais je constate que vous n'avez pas parlé de Cham qui est aussi de la ligné de Noé? Si Noé, Sem et Japhet sont allés vers l'Ararat, pourrions nous savoir que devenu Cham et sa ligné?

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  2. Cham? Justement on n'en sait rien, le lien familial étant rompu définitivement. Selon la Table de Nations il aurait eu une descendance. Mais j'émets un sérieux doute sur les généalogies développées après le Déluge. Les exégètes de la Genèse à partir du souvenir conservé intact de la généalogie et des dates précises des patriarches étaient confrontés à un problème de taille, comment expliquer la profusion de nations après un déluge ayant détruit toutes les nations. Comme le Déluge n'a détruit historiquement que le pays de Sumer, les nations alentours étaient évidemment toujours là. On a donc fait l'inverse pour coller à l'Histoire. On a attribué à la descendance des patriarches l'ensemble des nations connues. D'une certaine manière on a comblé les blancs embarrassants. Pour ce qui me concerne, je me contente de retracer l'histoire biblique qui se confond avec l'Histoire.

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