dimanche 22 mai 2016

Pâques ou Pâque ? (partie 5)

Ur III et la renaissance sumérienne

L'empire d'Akkad ne survivra pas longtemps à Naram-Sim.  Son fils Shar-Kalli-Sharri (« Roi de tous les rois »), dès son accession au trône en 2217, doit faire face à diverses invasions. L’empire akkadien sombre alors dans l’anarchie. Vers 2200, les Gutis, des montagnards descendus du Zagros, peuple oppresseur et ignorant le culte des Dieux, s’emparent à leur tour du pays qu’ils saccagent. Cependant, la royauté akkadienne va survivre à son fondateur et, après la chute de l'empire, elle servira de modèle aux maîtres successifs de la Mésopotamie jusqu'à Nabuchodonosor (vie s. av. J-C.).

L’invasion Guti ouvre une période trouble pour la région. Il n’y a pas une totale anarchie, mais la difficulté des Guti à imposer l’ordre facilite l’autonomie des villes et la reprise de leurs activités. Les Guti sont cependant peu à peu assimilés: ils reprennent par exemple la nomenclature royale. Vers 2120 av. J-C., le roi d’Uruk, Our-Hegal attaque le chef guti Tiriqan et le fait prisonnier. C’est la fin de la domination Guti. Il rétablit l'unité de la Basse-Mésopotamie, son entreprise servant de base à la constitution de l'Empire qui suivit. Ce fut un Roi très pieux qui restaura de nombreux temples dans le pays et permit leur bon fonctionnement en choisissant lui-même les Grands Prêtres et les Prêtresses dans les principaux sanctuaires. Sa propre fille, Ennirgalanna, devint Prêtresse de Nanna (Dieu-lune) à Uruk la capitale. Il fit construire un quartier religieux dominé par une grande ziggourat en brique cuite appelée Étemennigurru dédiée au dieu Lune Nanna (Sîn en Akkadien). À Nippur, il fit reconstruire le temple d'Enlil.

Ur-nammu (2112 à 2095 av. J-C. ) gouverneur d'Ur dont le nom veut dire "Guerrier de la Déesse Nammu", épouse la fille du roi Our-Hegal, puis prend la place du roi. Il déplace le siège de la royauté à Ur à la place d’Uruk, renforçant ainsi l’aspect sumérien de la renaissance. Il fonda la IIIe dynastie d'Ur et prit le titre de "Roi du Sumer et d'Akkad" et gouverna ainsi sur les villes d'Ur, d'Éridou, de Larsa, de Lagash, de Nippur et d'Ourouk. Cette IIIe dynastie d'Ur de grands guerriers apporta à la région un siècle de prospérité, mais sa domination se fait essentiellement dans la région sumérienne. Il prend cependant le titre de «roi des quatre régions» et réorganise le pays de Sumer. Cette période de renaissance sumérienne sera appelée Ur III et durera jusqu'à l'invasion élamite et la chute d'Ur en 2004 av. J-C.

Shulgi (2094 à 2047 av. J-C.) dont le nom veut dire "Noble jouvenceau", le fils d'Ur-Nammu mort sur un champ de bataille, succédera à son père et étendra encore les frontières de l'empire. C’est sous son règne que les conquêtes les plus importantes sont faites en Iran et à l’est du Tigre. Il mène dans la deuxième partie de son règne une guerre quasi permanente contre la puissance élamite. Shulgi se lança dans une période de réformes très novatrices pour l'époque, afin de parer aux faiblesses de son royaume. Il bouleversa le système judiciaire par la création d'un code de loi. Il unifia le système des impôts récoltés dans les temples, avec l'introduction d'une nouvelle formule de taxation et l'installation de centres de redistribution des biens qui ne bénéficieront plus qu'aux seuls prêtres. Il unifia l’étalon monétaire (Mine et sicle d’argent), le système des poids et mesures (Silà) et les calendriers des principales villes du royaume. Il réorganisa l'armée et créa une administration centralisée efficace et très contrôlée avec 20 provinces chacune gérée par un Gouverneur et des fonctionnaires transférables d'une province à l'autre en fonction des besoins. A l'apogée de son règne, il se fera diviniser, ce qui augmentera encore son pouvoir, notamment sur le clergé. Grâce à cette nouvelle liberté d'action, il réorganise le système de propriété des temples pour en faire un bien de l'Etat. Les terres afférentes aux temples sont alors redistribuées aux militaires et fonctionnaires en échange de leurs services. La société est alors strictement hiérarchisée, avec une masse de paysans et petits artisans, dont le dénuement ne les distingue pas des esclaves, englobés dans des circuits économiques contrôlés par les temples et les palais, dont se dégage une aristocratie de fonctionnaires.

Amar-Sin (2047 à 2038) dont le nom veut dire "Taurillon de Sîn", continua l'œuvre de son père et comme lui il se nomma "Le Dieu soleil", ce fut sous ces deux Rois que le Sumer atteint son apogée. Il réussit à agrandir l'Empire en y annexant une partie de l'Assyrie et en s'emparant d'Assur. Ur devient alors le centre du monde civilisé et un grand nœud commercial, culturel et religieux.

Shu-Sin (2038 à 2029) dont le nom veut dire "Celui de Sîn", deuxième fils de Shulgi succéda à son frère. Avec lui commence le déclin de l'empire et il doit faire face aux infiltrations de tribus amorrites qui sont de plus en plus une menace pour le cœur de son royaume. Face à cela, il fait construire une muraille complétant le système défensif dans un royaume de plus en plus sur la défensive. Pensant être abandonné des dieux, il fait appel à la déesse de la guerre afin d'arracher l'adhésion des dieux. Pour ce faire, il érigea en plein cœur du quartier sacré de Nippur un sanctuaire dédié à un nouveau dieu nommé Shara, "Prince", un fils d'Inanna (Ishtar). Dans l'inscription qui consacrait le temple, Shu-Sin revendiquait la paternité du nouveau dieu, donc de facto il se présentait comme l'époux terrestre de la déesse. Le nouveau temple nommé Shagipada sera érigé dans la dernière année de son règne.

Ibbi-Sin est le cinquième et dernier roi de la Troisième dynastie d'Ur. Il a régné de 2028 à 2004 av. J-C. Ibbi-Sin réussit à conserver Ur pendant une vingtaine d'années, mais il perd progressivement les autres grandes cités de Basse Mésopotamie dont les gouverneurs se rendent indépendants. Cette crise politique est en partie due à l'arrivée croissante d'Amorrites, dont certains occupent des postes-clés dans le royaume. L'empire se désagrège et pour se protéger le roi élève des fortifications au cœur même de Sumer. Le reste du royaume est laissé aux ennemis. Ibbi-Sin ignora alors Nippur la capitale religieuse de Basse Mésopotamie et s'en remit entièrement à Inanna dont devient le grand prêtre de son temple situé à Uruk. Tous les oracles prédisent alors sa fin, ce qu'il faut comprendre comme une rébellion du clergé à son encontre. A la fin son autorité ne se concentre plus que sur la d'Ur dont il devient le grand prêtre au sein du sanctuaire d'Inanna à Ur. Cela fut considéré comme un sacrilège envers le dieu tutélaire de la ville, le dieu Lune Nanna. Toutes les cités vassales cessent alors les livraisons traditionnelles d'animaux sacrificiels. L'autorité centrale d'Ur, son roi déifié, ses dieux et temples ziggourat perdent toute reconnaissance. Le coup de grâce est porté à Ur par une expédition menée par le roi élamite Kindattu de Simashki, dirigeant une coalition constituée de troupes venant aussi du Zagros. Ibbi-Sin aurait alors été emmené en Élam avec la statue du dieu Nanna, symbolisant sa défaite totale. La ville fut mise à sac et les habitants qui ne pouvaient pas s'enfuir furent égorgés ou réduits à l'esclavage. À partir de cette époque la région passa sous la prédominance des Amorrites, qui créèrent plusieurs royaumes depuis les citées dont ils avaient le contrôle.

Chronologie biblique dans l'Histoire postdiluvienne

Après le Déluge, progressivement même les patriarches bibliques abandonnèrent le culte de l'Eternel pour adorer les dieux des villes où ils habitaient. Abram, originaire d'Ur, fut à l’origine un adorateur de la Lune, comme son père. Jos 24:2 « Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : Vos pères, Térach, père d’Abraham et père de Nachor, habitaient anciennement de l’autre côté du fleuve, et ils servaient d’autres dieux ». Ainsi nous possédons grâce à la Torah un élément de compréhension essentiel pour retracer l'histoire des patriarches postdiluviens jusqu'à Abraham. La Bible ne dit cependant pas grand-chose sur les 3 siècles ½ qui séparent le déluge du départ vers Canaan. Cependant nous avons des dates précises et des noms qui ne devaient pas être le nom usuel employé de leur temps, mais plutôt le qualificatif de la personne, le trait marquant du personnage, à l'instar d'Adam qui fut nommé ainsi, car il fut tiré de la terre, adama en hébreu.

Comme les dates sont difficiles, voire impossibles à préciser de manière certaine au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps, surtout avant le Déluge où les documents écrits étaient inexistants ou à peine parcellaires, je fais donc au plus simple en prenant les grandes phases bibliques de 2000 ans comme mètre étalon, soit 2000 ans depuis Adam jusqu'à Abraham, puis 2000 ans d'Abraham à Jésus et enfin 2000 ans pour les nations. Le marqueur de départ devient alors Adam dont la date de "naissance" serait 4000 av. J-C. A partir de là on peut établir une chronologie biblique et historique en forme de tableau que l'on peut superposer.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire