vendredi 29 avril 2016

Pâques ou Pâque ? (partie 3)

Du Déluge à Abraham -2343 à - 2000

Akkad ou la fondation d'un empire

Peu de temps après le déluge, qui correspondrait à une inondation de grande ampleur chez les Sumériens, Sargon d'Akkad fonde l'empire d'Akkad et règne vers 2340 av J-C. Sargon était d’origine simple. Il serait devenu serviteur du roi de Kish Ur-Zababa et parvenu au rang de Grand-Échanson. Cette position stratégique lui donnait accès au culte des dieux à travers l’offrande rituelle des boissons. La tradition rapporte qu’Enlil aurait été offensé par le souhait d’Ur-Zababa de modifier ce rituel et Sargon aurait alors comploté pour le renverser en rétablissant les offrandes rituelles dans leur tradition immuable au profit d'Inanna. C’est sans doute à la suite d’intrigues politico-religieuses de ce genre que Sargon accéda au pouvoir grâce à l'aide de la déesse Inanna/Ishtar et se fit appeler « Roi légitime », sans doute pour faire oublier qu’il n’était a priori qu’un usurpateur.

La citée de Kish domine alors la partie nord de la Basse Mésopotamie, peuplée en majorité de Sémites, ceux que l'on nommera par la suite « Akkadiens », par opposition aux Sumériens, vivant plus au sud. La ville a eu une grande importance aux débuts de l'histoire mésopotamienne. Certains de ses souverains ont exercé une sorte de domination religieuse de prestige sur les autres rois du sud mésopotamien, comme l'atteste l'arbitrage de frontières entre d'autres villes mésopotamiennes. Les rois de Kish sont parés du titre de lugal (roi), tandis que les souverains voisins se nomment ensi (prince). Le dieu tutélaire de la ville est Zababa, un dieu guerrier, souvent assimilé à partir du IIe millénaire av. J C. à un autre dieu ayant les mêmes caractéristiques, Ninurta, divinité guerrière sumérienne, dieu de la fertilité, de l'irrigation, du labour, du tonnerre et du vent du sud, fils d'Enlil et de Ninmah. Zababa a son temple principal et sa ziggourat à Kish, ainsi que le sanctuaire de sa parèdre, la grande déesse locale Inanna/Ishtar. Le titre de « roi de Kish » est repris par des souverains d'autres cités en raison de son prestige, puisqu'il paraît signifier que celui qui le porte exerce la domination sur la Basse Mésopotamie. Il y a donc avant le Déluge une prééminence religieuse de Kish sur les autres cités de cette région, probablement à cause du temple d'Inanna/Ishtar la déesse de la guerre, puisque les rivalités se développent entre les citées. Dans le sud les rivalités se transforment en guerres avant le Déluge et une période de troubles et de violences s'étend à Sumer qui a pour conséquence d'unifier Sumer, avec Uruk comme capitale. Puis selon la chronologie biblique survint le Déluge…


Dans la partie nord apparemment épargnée par l'inondation, Sargon d'Akkad prend le pouvoir à Kish, puis marche sur la puissante Uruk devenue la capitale sumérienne. Sa victoire est une surprise pour beaucoup, surtout depuis que le sud est unifié et donc théoriquement plus puissant que les cités Etats isolées. Le roi Lugal-zagesi d'Uruk qui dominait alors le pays de Sumer est capturé, emmené dans un carcan pour être exposé à la porte du temple d'Enlil à Nippur durant le triomphe de son vainqueur. Ce moment marque le début de la domination akkadienne sur la Mésopotamie. Nippur n'a jamais été la capitale d'un État d'une quelconque importance politique à l'époque historique. Elle doit son prestige à son rang de capitale religieuse de Basse Mésopotamie, dû au fait qu'il s'agissait de la cité tutélaire d'Enlil, le roi des dieux mésopotamiens. Le fait d'exposer à la porte du temple d'Enlil le roi Lugal-zagesi signifie que Sargon a obtenu la faveur des dieux, car les rois voulant dominer la Mésopotamie venaient s'y faire consacrer, ce qui symbolisait qu'ils avaient été choisis par le dieu Enlil garant de la royauté. La domination sur Nippur est donc quelque chose de déterminant du point de vue symbolique, car on considérait que les dieux se réunissaient en assemblées présidées par Enlil, leur roi, dans l'enceinte de l'Ekur (temple d'Enlil), pour y prendre des décisions déterminantes pour l'avenir de l'humanité.

Après la conquête de Sumer, Sargon établit sa capitale à Akkad et Kish devient une capitale provinciale de son empire. Dans la ville d'Ur, Sargon installa sa fille Enheduanna comme grande prêtresse du sanctuaire du Dieu Lune Nanna, inaugurant une tradition reprise par son petit-fils Narâm-Sîn, qui fit à son tour de sa fille Enmenanna la grande prêtresse de ce temple. Enheduanna est passée à la postérité à la suite de la rédaction de divers hymnes qui lui furent attribués par la tradition littéraire mésopotamienne ultérieure. Un disque lunaire en albâtre la représentant a été retrouvé dans le Giparu (presbytère) du sanctuaire de Nanna à Ur, où elle résida probablement en tant que grande prêtresse du dieu Lune Nanna. Au dos du disque figure l'inscription : « épouse de Nanna et fille de Sargon ».


Ce que l'on peut retenir de l'époque postdiluvienne, c'est qu'il est impossible pour un souverain d'être reconnu comme tel, s'il n'obtient pas la faveur des dieux. Partant de là, chaque nouvelle dynastie explique son arrivée au pouvoir par un dieu qui en supplante un autre. Le clergé réécrit alors l'histoire des dieux afin de mieux sublimer le roi qui est présenté comme "fils" d'un dieu. Dans le panthéon suméro-akkadien, des générations successives de dieux vont donc s'établir au grès des dynasties. Ainsi dans un contexte de guerres permanentes, la déesse de la guerre Ishtar, va devenir progressivement une des déesses les plus importantes du panthéon mésopotamien, surtout grâce à Sargon d'Akkad le protégé d'Ishtar, dont il fera la déesse tutélaire de la capitale de l'empire à Akkad où il bâtit un grand palais royal, ainsi que de nombreux temples, le principal étant voué à Ishtar, la déesse protectrice de la dynastie d'Akkad.

Si l'on met en perspective les données historiques actuellement connues et les dates bibliques, on peut considérer que la civilisation sumérienne se développa à partir du IVe millénaire av J-C grâce aux fils de Dieu qui restèrent d'Adam jusqu'à Abraham localisés dans la région. Quand les Sumériens abandonnèrent le culte à Dieu pour celui d'autres dieux, la violence commença à s'étendre dans le pays, jusqu'à y répandre le chaos. Des avertissements furent donnés aux habitants, par Hénoch, puis par Noé quand il commença à construire l'arche. Le temps mis pour la construction de l'arche, fut l'ultime avertissement de Dieu envoyé aux Sumériens. L'arche achevée, Dieu inonda le pays et fit périr les fils de Dieu qui s'étaient détournés de Dieu. Il ne resta alors dans le pays de Sumer plus que Noé et ses fils comme seuls représentants et descendants de la lignée d'Adam. Que le Déluge eut lieu, est confirmé par des récits poétiques rédigés en langue akkadienne datant probablement du XVIIIe siècle av. J.-C, donc largement antérieur à la rédaction des premiers livres bibliques. Dans des compilations des mythes traditionnels mésopotamiens de la Création au Déluge on y comte l'Épopée d'Atrahasis, un sage préservé par les dieux pour échapper au déluge provoqué par le dieu Enlil. l'Épopée d'Atrahasis peut donc aisément être rapprochée du récit biblique de Noé où de nombreuses similitudes apparaissent. Le récit du Déluge diffère donc sur les noms du constructeur de l'arche et celui qui en fut l'auteur, mais laissa une trace suffisamment profonde dans la mémoire collective pour en faire un geste conférant au divin. L'effondrement soudain de la civilisation sumérienne vieille de plus de mille ans, peut donc être expliqué par cette catastrophe, car les dates bibliques du Déluge correspondent parfaitement avec l'envahissement du pays par Sargon d'Akkad.

Ce qui est intéressant dans l'Histoire antédiluvienne, c'est que les dates bibliques peuvent toujours être rapprochées d'un fait historique important avéré. Cela révèle que l'histoire des patriarches bibliques fut préservée dans la mémoire du peuple hébraïque en conservant une ossature sur les noms et les dates. Le corps du texte étant en rapport avec les mythes connus en ce temps-là et une source d'inspiration divine évidente quant à la rédaction des premiers chapitres de la Genèse. Ainsi, si l'on fait abstraction des mythes locaux et que l'on conserve les noms et dates bibliques comme source "sûre", le contexte historique de la région peut être reconstitué comme les éléments d'un puzzle dont on piocherait les pièces dans la Bible et l'Histoire de mieux en mieux connue au fil du déchiffrement des tablettes sumériennes et akkadiennes. La Genèse antédiluvienne résume donc les mythes et l'Histoire profane de cette époque, pour nous laisser des éléments clés suffisants pour reconstituer à la fin des temps la trame historique véritable qui peut ainsi sortir du brouillard du temps. L'Histoire conforte donc la Bible et plus on va se rapprocher de sources historiques fiables, plus la Bible va se révéler comme vraie dans le contexte historique de son époque.

2 commentaires:

  1. Bonjour mon frère,
    doit-on comprendre que la famille de Noé ne furent la seule a survivre sur la terre? Le déluge n'a concernée que le pays de Sumer et le reste de la terre ne fut pas touché? Les akkadiens ont survécus au déluge? Veux -tu éclairer sur ces questionnements s'il vous plait?

    Merci d'avance

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans cette étude je veux rester factuel en "collant" à l'Histoire profane. La science et les connaissances archéologiques ont considérablement augmenté dans notre génération, les effacer d'un revers de main en considérant la Genèse comme le seul point d'appui intellectuellement valable est aujourd'hui absurde. L'univers fut-il créé en jours, avant que le Soleil ne soit créé? C'est évidemment absurde. Adam fut-il le premier homo sapiens ou le premier fils de Dieu? Assurément le fils de Dieu. Dans la même teneur, le Déluge anéantit-il les fils de Dieu rebelles ou toute la Terre? Historiquement il ne s'agit que d'une région précise, celle où vivaient les fils de Dieu. La chronologie biblique dans la Genèse se construit de manière métaphorique, puis se focalise sur les seuls fils de Dieu jusqu'à Abraham, en conservant des dates extrêmement précises. Dans l'Antiquité la mémoire religieuse était comté de manière poétique, souvent chantée sous forme d'hymne. Puis quand l'écriture fut inventée, ces hymnes furent retranscrits. Jusqu'à Noé la transmission de la mémoire patriarcale se faisait de vive voix puisqu'ils restaient vivants très longtemps. Mais après le Déluge la durée de vie s'effondra et surtout les fils de Dieu perdirent la foi en Dieu. La mémoire patriarcale se mêla alors aux mythes locaux et forma la synthèse des premiers chapitres de la Genèse. A nous de savoir faire la part des choses.

      Supprimer