samedi 23 avril 2016

Pâques ou Pâque ? (partie 2)

2016 est une bonne année pour se poser des questions concernant la fête de Pâque, car les dates des célébrations pascales juives et chrétiennes diffèrent fortement, ce qui évite les confusions cette année. C'est donc une bonne occasion pour faire le point sur des traditions qui se sont bien installées dans le monde juif et chrétien et vérifier Bible en main le bien-fondé de ces traditions. Les études sur le sujet ne me convenant pas, je vais donc reprendre le même principe que pour l'étude sur le shabbat et réactualiser les choses à l'aune de nos connaissances actuelles en faisant abstraction des habitudes et traditions dénominationnelles. Car si quelque part dans le temps, des religieux ont modifié la liturgie pour l'adapter à leur conception religieuse selon les lumières de leur époque, cela ne signifie nullement que cela est juste bibliquement et donc que la pérennité d'une pratique soit celle que Dieu désire. Il convient donc de s'affranchir de la tradition talmudique juive et théologique chrétienne, pour revenir à la source biblique en la replaçant dans son contexte historique originel.

Significations des Pâques

Pour les juifs il s'agit de commémorer la libération des Hébreux de la servitude en Egypte. Ce jour représente donc la naissance en tant que nation du peuple juif qui est libéré par Dieu lui-même pour en faire Son peuple. Pour les chrétiens cela représente la mort et la résurrection de Jésus. Au travers du Christ, Dieu se révéla au monde entier et permit à chaque homme d'entrer librement dans la famille divine. Ainsi, si la logique divine avait été acceptée par les hommes, le judaïsme se serait fondu dans le christianisme et une seule et même religion subsisterait aujourd'hui. Las, les choses n'étant pas aussi simple, le clivage subsista et même s'intensifia, instaurant de fait des pratiques liturgiques diverses selon les croyances des uns et des autres. Heureusement il reste la Bible, qui reste le bien commun de toutes les communautés et la référence absolue et incontestable de toutes les parties. Je propose donc de revenir à la source biblique et de remonter le temps pour reconstituer l'écheveau complexe d'une trame pascale qui évolua fortement au fil du temps.

Les antédiluviens -4000 à -2344

4000 av J-C, avec les patriarches bibliques antédiluviens naît la civilisation sumérienne en basse Mésopotamie et la relation entre les deux semble évidente. Selon la chronologie biblique, 1656 ans plus tard survint le Déluge, nous sommes donc en 2344 av J-C qui signe la fin sumérienne. Pendant la période antédiluvienne, Sumer se développa au travers de villes très anciennes comme Eridu où débuta la royauté, puis des villes plus importantes qui devinrent des cités États. Chacun de ces États était constitué d'une ville fortifiée avec ses villages et ses terres environnantes, et chacune adorait sa propre divinité, dont le temple était la structure centrale autour de laquelle se développait la cité. Le pouvoir politique appartenait à l'origine aux citoyens, mais, comme la rivalité entre les différentes cités États a augmenté, chacune a adopté l'institution de la royauté. Les rois-prêtres représentaient sur terre le dieu tutélaire de la ville et assuraient à la fois une autorité politique et religieuse.

La liste des rois sumériens commence par l'origine même de la royauté, qui est considérée comme une institution divine : " la royauté était descendue du ciel ". Une première liste royale sumérienne a été établie à partir de 15 tablettes provenant de Nippur. Selon cette liste, la royauté descendit du ciel dans la ville d'Eridu, une des plus anciennes villes sumérienne, fondée par le dieu Enki. La liste rapporte que huit rois ont régné avant une grande inondation. Selon la liste, 2 souverains régnèrent a Eridu puis la royauté fut transférée à Bad tibira où trois rois régnèrent, dont un nommé Dumuzi le berger, de là la royauté passa à Larak et enfin à Shurrupak. Leurs règnes étaient mesurés en sars (période de 3600) et en ners (période de 600). Au total les 8 premiers rois antédiluviens ont régné 66 sars et 6 ners, soit un total de 241200. Les Sumériens ayant adopté le système sexagésimal qui est un système de numération utilisant la base 60. En combinant les valeurs de 6 et 10 on obtient l'année sumérienne de 360 jours découpée en 12 mois. Si on divise 241200 par 360 (année sumérienne) on arrive à 670 ans. Comme Sumer développe sa civilisation là où vécurent les patriarches antédiluviens, les chronologies bibliques et sumériennes devraient correspondre dans les dates. On peut donc légitimement considérer que l'Epopée d'Atrahasis, le Noé sumérien qui survécut à une inondation majeure en construisant une arche, fait référence au même évènement que celui qui est relaté dans la Bible et donc que le Déluge a bien eu lieu. Si on se réfère à la Bible pour les dates historiques, le Déluge s'acheva en 1657 en partant d'Adam. La liste royale sumérienne antédiluvienne se déroula donc sur la période 1657 + 670 ans, ce qui nous amène à l'année 987. Cette année-là Dieu prit Hénoc à l'âge de 365 ans, ce qui fut  très bref pour la vie d'un patriarche antédiluvien. On peut donc en déduire que les fils de Dieu se firent supplantés dans leur autorité par une royauté qui naquit à Eridu. Ainsi, les premiers éléments de l'Histoire profane commencent à se combiner avec l'histoire biblique.

Mais que s'est-il donc passé chez les Sumériens, pour que Dieu provoque le Déluge? L'explication est donnée en Genèse 6 : 1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, 2  les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent. 3 Alors l’Eternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. 4 Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité. 5  L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. 6 L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. 7  Et l’Eternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits.

Dans la Bible, quand le peuple de Dieu se corrompt, Dieu envoie un prophète pour les avertir de leur état et du jugement qui les frappera si aucun changement ne survient dans leur attitude. Mais qui fut le prophète qui marcha avec Dieu et avertit le peuple que Dieu allait les exterminer? C'est homme fut Hénoc et c'est en combinant les textes bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament que la trame de l'histoire se révèle. Jude 14-15 dit: « C'est aussi pour eux qu'Hénoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes: Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d'impiété qu'ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu'ont proférées contre lui des pécheurs impies. » Jude nous dit qu'Hénoc était prophète et qu'il a prophétisé au sujet d'un jugement. Il a prophétisé que Dieu allait juger les impies  à cause de tous leurs actes d'impiété et pour les toutes paroles impies qu'ils disaient au sujet du Seigneur. L'impiété est un manque de considération pour les obligations dues au culte du Seigneur et dont l'idolâtrie serait la principale objection. Il y a donc eu un changement dans le culte des fils de Dieu, qui se laissèrent séduire par les filles des hommes, tous comme le firent les israélites du temps de Moïse où Balaam avait enseigné aux jolies femmes moabites et madianites de séduire les Israélites pour les entraîner dans leur culte à Baal Peor (Nb 31 :16). La technique de la séduction est vieille comme le monde et marche à merveille. On peut donc imaginer que dans les premières villes sumériennes, très rapidement se développa en concurrence du culte au Dieu unique, celui polythéiste de la triade AN, Enlil et Enki, puis par la suite leurs fils et filles les astres comme le Soleil, la Lune et Vénus. Comme dans l'Antiquité les dieux possédaient tout, celui qui représentait les dieux représentait l'autorité. On peut donc considérer que chez les Sumériens le titre de roi désignait le grand prêtre ou pontife du dieu tutélaire de la cité État. Ainsi, si un culte en supplante un autre, l'autorité change de main.

C'est donc dans cette ambiance délétère qu'Hénoc commença à prophétiser. Genèse 5 : 22 « Hénoc, après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu trois cents ans ; et il engendra des fils et des filles. 23  Tous les jours d’Hénoc furent de trois cent soixante-cinq ans. 24  Hénoc marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit.» Hébreux 11:5 nous donne davantage de lumière sur ce sujet: « Par la foi Hénoc fut enlevé pour qu'il ne vît point la mort, et qu'il ne fut plus trouvé parce que Dieu l'avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu'il était agréable à Dieu. Or sans la foi il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. »

Ainsi, si on met en perspective tous les éléments historiques et bibliques, la trame de l'Histoire peut être reconstituée. 687 ans après la création d'Adam, Hénoch engendre Metuschélah, qui vivra 969 ans. La Bible dit qu'Hénoc a commencé à marcher avec Dieu après la naissance de son fils. A l'âge de 65 ans. Ce détail de la vie d'Hénoc marque un tournant majeur dans sa vie, surtout quand on comprend la signification du nom de son fils. Metuschélah signifie: « Lorsqu'il mourra, cela arrivera. » Comme le Déluge survint l'année de la mort de Metuschélah, le message prophétique est plus qu'évident et le fils d'Hénoc devient le signe de Dieu. Le nom que donne Hénoc à son fils est d'autant plus important, qu'à sa naissance aucun des patriarches antédiluviens n'était encore mort et qu'on les considérait comme des immortels, donc des dieux. Dieu délivre donc implicitement un nouveau message, le salaire du péché est la mort.

Dieu a donc révélé à Hénoc ce que l'on peut lire en Genèse 6 : 1 à 7 et lui demanda de donner le signe de son fils. À partir de ce signe, Hénoc marcha avec Dieu, ce qui signifie que lui suit la voie de Dieu alors que le reste des fils de Dieu s'en détourne. Pendant 300 ans Hénoc va prophétiser au nom de Dieu et appeler les fils de Dieu à changer de voie. Cela durera jusqu'à ce que plus personne n'écoute Hénoc, alors Dieu donna un nouveau signe et Il prit Hénoc. Dans l'épître aux Hébreux, il est dit qu'il ne fut plus trouvé, ce qui implique qu'il fut recherché, mais il demeura introuvable, car Dieu l'avait enlevé. Un nouveau message divin venait d'être délivré, si vous suivez la voie de Dieu, vous ne mourrez pas.  Durant la vie d'Hénoc deux signes divins furent donnés aux hommes, celui du jugement et celui du salut. Après Hénoc le culte du Dieu très haut fut abandonné dans les villes sumériennes et des rois-prêtres imposèrent une religion basée sur un panthéon de dieux divers qui s'organiseront progressivement grâce au clergé mis en place. 670 ans plus tard, au terme d'une incroyable patience, survint le Déluge qui balaya la civilisation sumérienne et les traces des fils de Dieu qui suivirent les filles des hommes.

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