lundi 21 décembre 2015

Les deux témoins de l'Apocalypse comme agents d'intrication (partie 2)

 Les deux témoins agissent de manière puissante pour donner corps à l'Epouse et le terme de leur mission annonce l'union divine qui forme en son sein le fils comme Messie préparé pour le règne. Mais ils interviennent eux-mêmes dans le champ d'une action plus globale quand on élargie la focale à l'ensemble des sept trompettes de l'Apocalypse, qui elles-mêmes s'inscrivent dans une action encore plus large. C'est un jeu de poupées russes bibliques qu'il convient d'ouvrir pour en comprendre le sens et je pense que le temps est venu d'étudier le détail des sept trompettes.

Le livre de l’APOCALYPSE est écrit selon un modèle très particulier basé sur le chiffre sept. Depuis que ce livre fut écrit, son interprétation semble quasi impossible et tous ceux qui s'y risquent s'écrasent immanquablement contre le mur spirituel qui façonna la trame du texte. Mais il y a forcément une clé d'interprétation, sans quoi jamais ce livre n'aurait eu d'intérêt et il eut été inutile de l'écrire si personne ne sut jamais en pénétrer le sens.  Or il apparaît que lorsque l'Histoire entre dans le texte, alors comme surgissant du brouillard du temps, les passages associés à l'Histoire trouvent une explication et l'interprétation devient possible. Ce fut le cas quand les 7 lettres aux Eglises d'Asie furent interprétées comme étant en fait les 7 âges de l'Eglise. En entrant dans le dernier âge, celui de Laodicée, la révélation des chapitres correspondants a été donnée et on peut en développer le thème.

Mais le livre de l'Apocalypse ne s'arrête pas à l'Histoire de l'Eglise des nations, qui n'est qu'une scène du livre s'intégrant dans une architecture globale formée de sept éléments. Une introduction et une conclusion. Quatre scènes qui contiennent chacune un groupe de sept : les lettres aux sept églises ; les sept sceaux ; les sept trompettes ; les sept coupes. Un axe central autour duquel s'articule le texte dans un chassé-croisé où les versets se reflètent les uns dans les autres. Le livre reste donc un mystère qui attend sa résolution dans le temps, or il apparaît que le temps de lever le voile semble venu. Israël est devenu une nation et le temps des nations est échu. Un temps neuf est donc devenu le nôtre et une interprétation plus profonde de la Bible s'impose, une interprétation qui ne scinde plus le Verbe divin en deux alliances, l'ancienne et la nouvelle qui divisent en deux camps antagonistes les chrétiens et les juifs, mais qui réunit le Verbe dans une seule Alliance divine révélée dans le mystère de l'union de l'homme et de la femme. C'est le sens qui motive le texte de Paul aux Ephésiens: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. 32  Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise. Eph 5 : 31.

Est-il possible d'unir tous les textes bibliques autour d'une idée forte qui conditionne tous les écrits? Il faudrait pour cela que le premier livre, celui de la Genèse et le dernier, celui de l'Apocalypse aient un lien de concordance qui les rende interdépendants. Tous les autres livres qui se trouvent alors entre ces deux-là ne seraient plus que la matière qui en développe le sens. Or il s'avère que si on déroule la Bible comme un rouleau et que l'on superpose le premier chapitre de la Genèse avec l'ensemble du livre de l'Apocalypse, un lien existe entre les deux, car la même structure en chandelier basée sur le chiffre sept forme l'architecture du texte.

La Torah (le pentateuque) commence dans le premier chapitre de la Genèse par décrire comment Dieu créé le monde en sept jours. En étudiant la structure du texte de manière globale, le verset 14 sur les luminaires nous renvoie à une forme de dualité dans la perfection divine. L’un devient deux sur un axe de symétrie, la perfection divine est dans ce verset particulier, comme déployée de part et d’autre d’un axe. Les sept jours de la création pourraient alors être considérés comme les sept branches d’une menorah qui symboliserait le texte dont le verset 14 serait l’axe central.
Présenté ainsi les choses sont plus claires et il apparaît comme évident que le quatrième jour est très particulier, car les autres jours s'unissent autour de lui par paire dans une parfaite symétrie. On peut donc comprendre que le texte ne cherche pas à traduire une réalité scientifique. Réalité qui n'aurait aucun sens, puisque la création des astres à largement précédé celle de la vie organique sur Terre. La création semble donc plus s'organiser autour d'un centre que de manière linéaire. L'idée générale serait de fixer des temps bibliques représentés par les astres, qui par-delà ces mêmes temps seraient liés ensemble dans la pensée divine. Les hommes les séparent,  mais Dieu les réunit. C'est le principe de l'homme et de la femme que Dieu scinde en deux parties au travers de l'Adam, mais qu'Il souhaite voir uni dans le mariage. C'est le grand mystère de Paul.

La création dans la Genèse serait alors une parabole qui utilise des symboles qui trouveraient leur explication dans les chapitres relatant l'histoire d'Adam et Eve. Dans le chapitre 37 relatant le second songe de Joseph les choses semblent évidentes pour toutes les parties. " J’ai eu encore un songe ! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. Il le raconta à son père et à ses frères. Son père le réprimanda, et lui dit : Que signifie ce songe que tu as eu ? Faut-il que nous venions, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner en terre devant toi ? " Gen 37: 9-10. Jacob n'a pas besoin de beaucoup d'explications pour comprendre immédiatement le sens du songe prophétique, car les symboles parlent d'eux-mêmes. Ainsi, si on reprend tout globalement, le mystère de l'homme et de la femme serait révélé dans des temps bibliques fixés par Dieu. Un temps pour l'homme représentant le soleil, un temps pour la femme représentant la lune et leurs enfants représentés par des étoiles. Eléments que l'on retrouve dans l'Apocalypse selon une architecture identique à celle de la création dans la Genèse.
Il saute aux yeux qu'il y a concordance et ce n'est pas un hasard. L'Apocalypse représente donc pour moi le développement spirituel de la parabole de la création dans la Genèse. Le rouleau du livre se superpose donc parfaitement dans son début et sa fin. Le mystère de la septième trompette révélé dans le chapitre 12 devient alors celui de l'homme et de la femme à nouveau réunis par Dieu. Apocalypse 10:7  mais qu’aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s’accomplirait, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes.

L'architecture d'un texte en forme de chandelier à sept branches, s'articulant autour d'une idée centrale révélant le mystère du couple divin, serait la clé de compréhension de l'Apocalypse. Appliquée aux sept trompettes, la quatrième trouve alors son explication. Apocalypse 8: 12 Le quatrième ange sonna de la trompette, et le tiers du soleil fut frappé, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles, de sorte qu'ils s'obscurcirent d'un tiers; le jour perdit un tiers de sa clarté, et la nuit de même. 13 Je regardai et j'entendis un aigle qui volait très haut dans le ciel et qui disait d'une voix forte: «Malheur, malheur, malheur aux habitants de la terre à cause des autres sonneries de trompette, celles que les trois anges vont encore faire retentir!»

L'altération des relations entre Dieu et les hommes, entre Christ et son Eglise, présentée comme un obscurcissement généralisé des astres, aura des conséquences sur la nature et les hommes. Ces conséquences visibles par tout un chacun doivent être perçues comme des avertissements que Dieu envoie aux hommes. Le message pourrait être celui-ci: " En rejetant le message de l'Evangile ou en le dénaturant, c'est Moi que vous rejetez, moi le Créateur du Ciel et de la Terre. C'est le principe de l'union divine entre la créature et son Créateur que vous remettez en question. A cause de cela j'arrête les temps et Je vous jugerai comme au temps de Noé. Mais non par un déluge d'eau, mais de feu."

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