vendredi 16 octobre 2015

L'EVEIL 4

L’Eveil de l’Épouse, dans le sens d’une prise de conscience de son être propre, ne sera effectif que lorsqu’une vision claire de ce que représente spirituellement la femme d’Apocalypse 12 et du Temple céleste sera établie. Le temps de Laodicée se termine par la mise à la porte du Christ. Cela arrive parce que les Églises évangéliques à l’instar du catholicisme, se sont sécularisées et fondues dans la monde. Sans le Christ dans l’Église, l’action de l’Esprit Saint devient impossible. On retourne alors dans les ténèbres comme un corps aveugle qui ne voit plus la lumière. Apparaissent alors des doctrines nouvelles comme l’enlèvement avant les tribulations pour célébrer les noces de l’agneau, doctrine appuyée par moultes prophéties mensongères qui sont autant de clous spirituels que l’on enfonce dans la porte des Églises pour en sceller définitivement l’entrée au Christ. On pourrait encore appliquer un collyre, mais le seul à pouvoir le faire a été mis à la porte. Le christianisme se retrouve donc dans la même condition que les pharisiens il y a 2000 ans. Et quelle fut la réponse de Jésus face à ces gens ? Matthieu 15 : 13  Il répondit : Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera déracinée. 14  Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.


Il y a donc une constante biblique dans l’Histoire des hommes. Jamais ils ne savent discerner le temps dans lequel ils vivent, ni quels sont les hommes qui servent de signes pour leur époque. La chose devient épique et dramatique  quand se profile un changement d’ère comme en ce moment. La condition humble de Jésus avait été une des raisons de son rejet par les juifs. Pourtant tout indiquait dans les écritures quels seraient les traits saillants de Sa personne. Il sera le rejeton (netzer) d’Isaïe et pour bien le souligner, Il grandit à Nazareth petit village insignifiant appelé ainsi, car il poussait comme un petit bourgeon (netzer) sur une colline de Galilée. On peut donc être sûr et certain que les deux témoins seront traités avec le même mépris par les rabbins et théologiens chrétiens de notre temps. Paradoxalement, c’est un excellent moyen pour les reconnaître. Quand tous les « grands » hommes religieux de notre temps focaliseront médiatiquement toute l’attention sur eux, il suffira de tourner votre regard de 180 degrés dans l’autre sens pour les discerner dans l’ombre de ce monde. Les premiers doivent être éclairés par les spots des médias pour être vu dans la nuit, alors que les seconds, comme fils de l’huile, alimentent une Menorah qui brille de sa propre lumière.

Concernant les deux témoins, une question doit être posée : de quel esprit seront-ils animés ? Pour répondre à cette question, il faut comprendre ce que font leurs adversaires directs et en inverser le sens. Car si la statue de Daniel est le parfait contraire de la femme de l’Apocalypse, le faux prophète et l’antéchrist en tant qu’homme, sont le pendant spirituel des deux témoins. Ils apparaissent en Apo 13 : 11 Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. L’image de l’agneau renvoie à Jésus, mais leurs paroles à celles du diable. Les cornes sont des symboles d’autorité et même d’autorité divine dans ce cas de figure. Comme corne de l’agneau, ils forment de manière trompeuse l’autorité messianique de leur temps. Apo 13 : 13  Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. En agissant comme Elie, ils en revendiqueront la légitimité et l’autorité. Elie représentant l’image du prophète dans un sens général, ils veulent représenter l’expression physique de la Loi et des prophètes, soit remplacer l’image de Jésus Christ par leur propre image. Quand cette nouvelle image du messianisme sera acceptée dans le monde, ils seront comme des dieux sur terre, kelohim en hébreu. Cette nouvelle valeur religieuse symboliquement représentée par le nombre 666, marquera les esprits et conduira à une nouvelle liturgie qui sera l’expression visible de la marque sur la main et le front. Ainsi, selon le principe d'inversion des valeurs, c'est l'esprit d'Elie qui animera les deux témoins.

L’action messianique de l’antéchrist et du faux prophète est considérée comme un blasphème contre le nom de Yeshoua, son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel. Le blasphème est à distinguer du sacrilège : le premier consiste en paroles, le second en actes. La bête qui parle comme un dragon vise donc à annihiler la Parole de Dieu, la Bible révélée en Jésus Christ. Tout ce qui a un sens spirituel sera ramené à une dimension purement terrestre. Le tabernacle du Christ représente dans la Bible l’Église. Pour en effacer l’image, on laissera construire un troisième temple que l’on déclarera saint sur la montagne de Sion. Pour de nombreux juifs, cela correspondra à l’accomplissement de plusieurs prophéties messianiques et à l’avènement d’Israël comme peuple élu par Dieu. Si la reconstruction du troisième temple est permise et favorisée par un pape canonisé de son vivant et donc déclaré saint par le Vatican, les éléments constitutifs de la sainteté qui devraient être représentés que par Dieu dans le Ciel, le seront sur Terre. Le catholicisme ayant depuis des siècles remplacé Jésus par Marie et la Jérusalem céleste par ses cathédrales, les juifs les suivront dans la voie de la séduction diabolique en construisant leur temple. Spirituellement parlant, l’arbre de la connaissance du bien et du mal aura alors été replanté en Sion à Jérusalem et l’œuvre de séduction satanique sera alors à son maximum. C’est aussi pendant la phase de construction du temple que les deux témoins apparaîtront et entreront en conflit direct avec le pape et l’antéchrist.

Le pontife de Rome, le pape, assure la continuité de l’Empire romain dans le domaine religieux. Si par son action politique le temple de Jérusalem est rebâti, on pourra considérer que les Romains qui ont détruit le temple, seront également ceux qui en autoriseront la reconstruction. Le pouvoir politique sur le temple sera donc en réalité à Rome, quand bien même l’exercice sacerdotal sera exécuté par des lévites juifs à Jérusalem. Une solide alliance entre les catholiques et les  ultraorthodoxes juifs, les haredim, pourra alors être établie. La prophétie de Daniel sur les 70 semaines prendra alors tout son sens.

Les 70 semaines de Daniel.

Contrairement à toutes les prophéties bibliques qui lorsqu’elles parlent du Temple du temps messianique, sont à prendre dans un sens spirituel, la prophétie de Daniel des 70 semaines renvoie à un contexte historique terrestre. C’est le mélange des genres qui créé le trouble et peut finalement vous conduire vers le chemin de la perdition. Replaçons donc les 70 semaines dans son contexte historique pour comprendre ce qui appartient à notre temps.

Daniel 9 : 24  Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l’iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le Saint des saints. 25  Sache-le donc, et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu’à l’Oint (le Messie), au Conducteur, il y a sept semaines ; dans soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis, mais en des temps fâcheux. 26  Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché, et il n’aura pas de successeur. Le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu’au terme de la guerre.
27  Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine, et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu’à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur.

Commençons par le passé. Du temps de Daniel la captivité tirait à sa fin, elle avait duré 70 ans comme le prophète Jérémie l’avait annoncé. Un ange révèle alors à Daniel qu’une nouvelle période de 70 semaines s’écoulerait jusqu’à la venue du Messie. Les 70 semaines sont habituellement comprises comme signifiant 70 semaines d’années ou 70 fois 7 ans, ce qui fait 490 ans. La captivité ayant duré 70 ans, la nouvelle période entre la fin de celle-ci et la venue du Messie sera sept fois aussi longue, pour le peuple juif établi sur la terre d’Israël.

Dans les versets 25 et 27, les 70 semaines sont divisées en trois périodes : 7 semaines (49 ans); 62 semaines (434 ans); et une semaine (7 ans). Les 70 semaines devaient débuter au « moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie » (verset 25). Le point de départ de ces 70 semaines, est une " promulgation " ou décret disant de reconstruire Jérusalem. Quand est-ce que cela s'est produit ? Plusieurs possibilités ont été évoquées. Le décret de Cyrus en 538/7 av. J.C (Esdr. 1.1-4). D'autres ont vu le décret de Darius le Perse (Esd. 6.1-12) en 519/8 av. J.C. Mais ces édits disaient de reconstruire le temple... pas Jérusalem.

En 457 avant notre ère, dans la 7e année de son règne, le roi Artaxerxès publia un décret permettant à Esdras de retourner à Jérusalem pour achever la reconstruction de la ville (Esdras 7:6-10 ; 9:9). Prenant donc 457 avant J.-C. comme point de départ, on constate que pendant les 7 premières semaines prophétiques (49 ans), les Juifs reconstruisirent les murs et la ville de Jérusalem en dépit des efforts de leurs ennemis visant à contrecarrer leur travail (de 457 à 408 avant J.-C.).

Après la reconstruction de la ville de Jérusalem, suit une longue période de 62 semaines (434 ans) jusqu’à la venue du Messie. Les siècles qui précèdent la venue du Messie, ne doivent pas être considérés comme creux et vide de toute action divine, bien au contraire. Ces siècles d’attente seront mis à profit par Dieu pour former progressivement le corpus biblique qui réunit plusieurs livres sacrés d'origines diverses, d'où le pluriel originel du mot « Bible ». Une compilation canonique des écrits primitifs juifs formera alors le Tanakh (l’Ancien Testament). C’est l’étude de ces textes sacrés que l’on considérera comme la Parole de Dieu, qui révèlera le sens de la mission du Messie. Puis, une fois que la « Parole de Dieu » fut répandue et étudiée dans tout le pays par le biais des synagogues, cette même Parole devint chair dans la personne de Yeshoua le Messie d’Israël. Nous sommes alors dans les années 30 de la nouvelle ère chrétienne, qui est le terme de la seconde période formant les 62 semaines (434 ans).

La première phrase du verset 26 stipule que le Messie devait être « retranché » après les 62 semaines prophétiques (quand on inclut les 7 premières semaines, on obtient un total de 69 semaines prophétiques, soit 483 ans). Les écritures nous enseignent pourquoi le Messie devait être sacrifié et mourir, afin d’expier l’iniquité et amener la justice éternelle. L’action du Messie étant accomplie selon les écritures, le temple de Jérusalem perd sa fonction première et n’est plus la maison de Dieu. Le temple terrestre est remplacé par le Temple céleste qui représente désormais toute la communauté des croyants au niveau universel, juif et non-juif. La majorité des juifs entrent alors en révolte ouverte contre Dieu en rejetant leur Messie, commettant en cela leur plus grand péché. Par la voie des Romains qui représentent le peuple d’un chef qui vient détruire la ville et le sanctuaire, en l’an 70 le temple et la ville de Jérusalem sont effectivement détruits et le peuple déporté. Commence alors le temps des nations qui n’est pas décompté dans les 70 semaines de Daniel. Au terme des jours fixés par Dieu, un nouveau temps est donné aux juifs, qui scelle par ailleurs celui des nations. L’État d’Israël est formé et progressivement les évènements vont conduire cette nouvelle nation à la reconstruction du troisième temple. Cet évènement provoquera le décompte de la dernière semaine de Daniel.

A partir du verset 27  on ne parle plus de notre passé, mais de notre futur. « IL », le peuple de Rome, soit le catholicisme représenté par son pape, fait une alliance avec les juifs. De facto cela revient à prendre position contre les musulmans qui entrent progressivement en guerre ouverte contre les valeurs judéo-chrétiennes. La dérive des musulmans vers l’islamisme va favoriser et même accélérer le processus de rapprochement de Rome et Jérusalem. L’appui politique de Rome pour la reconstruction du temple, sera même un gage pour les juifs d’une volonté d’union visant à former une coalition « sainte » contre les ennemis de la Bible. Mais attention, alors que le monde judéo-chrétien se réjouira de cette paix retrouvée entre les juifs et les chrétiens, ceux qui suivent le pape se mettront par la même occasion dans la même position religieuse que celle qui prévalut du temps de Jésus, soit être en rébellion ouverte contre Dieu et Son Oint. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la destruction totale des parties en rébellion ne sera plus loin.

Au milieu de la dernière semaine, soit 3 ans ½, les choses changent radicalement et on ordonne que le service sacerdotal dans le temple soit suspendu. De nombreuses choses vont donc se passer pendant les 42 premiers mois de la dernière semaine de Daniel. La venue des deux témoins sera la réponse que Dieu donnera au diable face à ses deux représentants. Une transformation en profondeur s’opérera alors dans l’Église et dans le monde. La première produira une Épouse divine parfaite, la seconde érigera les pieds d’argiles que le Messie lui-même détruira au terme de la dernière semaine. Les derniers jours de la 70ème semaine ne seront plus qu’une succession de conflits toujours plus violents, jusqu’à la destruction totale de ceux qui seront en révolte contre Dieu.

Si j’ai écrit ces quelques lignes sur les 70 semaines de Daniel, c’est pour bien mettre en perspective ce qui tient du spirituel de ce qui tient du terrestre. Ce qui confère au temple tient dans ces distinctions. Si d’aventure des « chrétiens » devaient se réjouir de la reconstruction du temple à Jérusalem comme étant une bonne chose, voire une bénédiction de Dieu, qu’ils sachent en réalité qu’il s’agit d’une régression et un retour à la rébellion ouverte contre Dieu et Son Messie en Yeshoua. Ce temple n’amènera pas la paix de Dieu sur Terre, mais provoquera sa destruction par l’avènement de l’antéchrist. La mission des deux témoins sera justement de rappeler au monde que les choses de l’esprit doivent conserver leurs sens spirituels afin de rester en phase avec la Bible, exactement comme Jésus l’enseigna pendant les 3 ans ½ de sa mission il y a 2000 ans.

2 commentaires:

  1. Shalom frère schoenel, je me réjouis et rend grâce au Seigneur de fait que vous avez repris à écrire. De ce fais, je vous prie de lire cette article et si possible par la grâce de Dieu, dire un mot de ce que vous en pensez. Cliquer ici:
    http://moissondeselus.org/sola-scriptura/daniel-9-27/
    Merci

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  2. A la différence de nombreux autres prophètes, Daniel a reçu des prophéties sur des faits historiques très précis. La dernière semaine de Daniel doit donc être placée dans le contexte général, soit une semaine de 7 ans qui clos les temps, juste avant la venue du Messie. Personnellement c’est ainsi que je l’ai toujours interprété.

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